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Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS fait face à une situation très difficile en ce moment du côté de ses ressources humaines.
Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS fait face à une situation très difficile en ce moment du côté de ses ressources humaines.

Le CIUSSS face à des « défis de ressources humaines sans précédent »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Sherbrooke — La direction des ressources humaines du CIUSSS de l’Estrie-CHUS navigue depuis plusieurs années dans un contexte difficile de pénurie de personnel. Le contexte actuel de la pandémie plonge toutefois l’organisation dans des « défis de ressources humaines sans précédent ».

« On doit prendre des décisions et renoncer sur des sujets que l’on croyait encore non négociables il y a quelques semaines, il y a quelques mois… », mentionne Josée Paquette, la directrice des ressources humaines, des affaires juridiques et des communications au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« On est assez habitués depuis les dernières années d’œuvrer en pénurie de main-d’œuvre pour réussir à offrir les soins et services. Actuellement, c’est vraiment une situation sans précédent. La pandémie nous amène à faire des choix extrêmement difficiles, déchirants, jour après jour. Les membres du personnel font face à des défis importants aussi, ils sont confrontés à des situations qu’ils n’ont jamais vues », souligne Mme Paquette.

Les besoins sont si criants que Josée Paquette lance un appel pressant aux infirmières, aux infirmières auxiliaires et aux inhalothérapeutes qui sont retraités ou qui travailleraient par exemple à temps partiel dans des entreprises privées.

« Nous avons besoin de vous afin de pouvoir donner un peu de répit à notre personnel qui en a bien besoin. Nos besoins sont surtout dans ce qu’on appelle les horaires indésirables, soit de soir et de nuit, parce que ces postes sont plus difficiles à combler et que les équipes se retrouvent souvent réduites. Nous demandons des heures, que ce soit à temps partiel ou à temps plein, durant six semaines », souligne-t-elle.

Josée Paquette

Elle précise aussi qu’il faudrait « quelques dizaines de personnes », et que toutes les candidatures seront accueillies à bras ouverts.

Présentement, environ 200 travailleurs de la santé sont absents du travail pour des raisons liées à la COVID-19.

100 lits prêts pour la COVID

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a le défi d’ouvrir 100 lits d’hospitalisation pour les patients aux prises avec la COVID-19, dont 25 aux soins intensifs. Toutefois, encore lundi, seulement 36 personnes étaient hospitalisées dans les centres hospitaliers désignés de Sherbrooke. 

Le CIUSSS a toutefois déjà commencé à délester certaines activités, par exemple dans les blocs opératoires. Alors que fait présentement le personnel qui sera appelé à prendre soin d’un plus grand nombre de patients éventuellement?

« Avec l’augmentation du nombre de cas quotidiens en Estrie, mais aussi au Québec, nous faisons le pari que nous aurons bientôt plus de patients hospitalisés et nous devons nous y préparer. Mais c’est là un exemple d’un autre défi imposé par la pandémie. Depuis jeudi, ce que nous faisons, c’est de nous assurer que le personnel soit orienté, formé et que l’organisation du travail soit prête, pour que les 100 lits puissent être en opération rapidement », indique Mme Paquette.

« Mais nous avons l’agilité nécessaire pour rouvrir une salle d’opération si c’est nécessaire et que les lits ne sont pas tous occupés. C’est ce que nous avons fait vendredi, d’ailleurs, où nous avons pu faire quelques opérations urgentes », ajoute-t-elle.

La direction du CIUSSS poursuit ses efforts pour trouver les autres endroits où elle devra délester des services afin d’utiliser le personnel dans ses nombreux besoins liés à la COVID-19.

« La fermeture temporaire, et je dis bien temporaire, de la salle d’urgence de Windsor est toujours à l’étude, comme d’autres scénarios. Nous pourrons vous en dire plus dans quelques jours, mais j’insiste sur le fait que nous envisageons une fermeture temporaire », tient à rassurer Josée Paquette.