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Environ 30 % des résidents du CHSLD Villa-Bonheur de Granby sont décédés des complications de la COVID-19.
Environ 30 % des résidents du CHSLD Villa-Bonheur de Granby sont décédés des complications de la COVID-19.

Le CIUSSS en «reprise de contrôle» dans les CHSLD

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Sherbrooke — Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS fait toujours face à plusieurs éclosions dans ses hôpitaux et ses CHSLD. Les nouvelles sont toutefois encourageantes. « Les données nous donnent l’impression que nous sommes en reprise de contrôle », mentionne Jean Delisle, gestionnaire en soutien aux activités COVID-19 au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Au plus fort des éclosions, jusqu’à 170 employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS ont dû s’absenter du travail parce qu’ils étaient atteints de la COVID-19 ou bien en quarantaine après un contact rapproché. Soixante d’entre eux sont aujourd’hui de retour au travail, ajoute M. Delisle.

Trois CHSLD sont aujourd’hui sur la liste des établissements « en situation critique », soit les CHSLD Argyll et Youville à Sherbrooke, ainsi que la Villa-Bonheur à Granby.

Prenons l’exemple du CHSLD Villa-Bonheur. Jusqu’ici, 88 de la centaine de résidents ont contracté la COVID-19 et 28 en sont décédés, soit environ 30 % de tous les résidents de l’endroit.

Toutefois, aucun nouveau résident n’a été trouvé positif à la COVID-19 depuis le 16 décembre.

Pendant ce temps, le nombre d’employés infectés a cependant augmenté. Il y a à ce jour 98 des 120 employés du CHSLD qui ont été infectés.

« C’est clair qu’il y a quelque chose qui n’a pas fonctionné dans ce CHSLD quand on voit autant de personnes infectées. Il y a eu aussi énormément de décès. On se rappelle que, dans la première vague, nous avons eu 27 décès au total, dont un seul en CHSLD. Et là, nous avons 28 décès dans ce seul CHSLD! Ç’a été une éclosion catastrophique à tous les points de vue », s’attriste le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Les installations du CHSLD Villa-Bonheur sont considérées comme vétustes et les problèmes de ventilation sont montrés du doigt par plusieurs intervenants comme étant potentiellement la cause de la transmission accrue dans ce milieu de soins et d’hébergement de longue durée.

« Pas de conclusions trop vite »

Quand il regarde les chiffres des nouveaux cas déclarés dans les CHSLD en éclosion, le Dr Poirier estime aussi que la situation tend à se stabiliser dans les milieux en éclosions. Mais ces estimations sont à prendre avec prudence.

« Ce qu’on a appris depuis dix mois qu’on vit avec cette pandémie, c’est qu’il ne faut jamais tirer de conclusions trop vite. Ça baisse une journée ou deux, on pense que c’est peut-être une bonne tendance, et puis hop, ça repart à la hausse le jour d’après », rappelle-t-il.

Il y a en ce moment dix éclosions actives dans les CHSLD, et 13 dans des résidences privées pour aînés (RPA).

Outre le CHSLD Villa-Bonheur, les trois autres installations les plus durement touchées sont les CHSLD de Coaticook, ainsi que d’Youville et Argyll à Sherbrooke.

La situation tend aussi à se stabiliser au CHSLD de Coaticook, où 34 résidents ont été infectés, dont cinq sont décédés, tandis que 21 employés ont été infectés.

Le CHSLD d’Youville a aussi été touché avec 33 résidents infectés, dont cinq sont décédés, ainsi qu’avec 19 employés contaminés.

L’éclosion au CHSLD Argyll a aussi fait très mal aux aînés de l’Estrie : 71 résidents ont été infectés, dont 14 sont décédés. Trente-huit employés ont été infectés aussi.

L’éclosion de COVID-19 au CHSLD Argyll a coûté la vie à 14 personnes jusqu’ici.

Appel au respect des mesures

Le Dr Poirier appelle donc les Estriens à respecter les mesures de confinement durant le temps des Fêtes et à « entrer en mode cocooning » à la maison.

Objectifs? Diminuer le nombre de nouveaux cas, protéger des vies et limiter le nombre d’hospitalisations rendues nécessaires par la COVID-19.

« Il faut continuer de penser que la prochaine personne malade, ça pourrait être nous, notre mère, notre grand-père... Il faut continuer les efforts pour nous protéger », mentionne-t-il.

Il sait bien sûr que les Estriens, comme tous les Québécois, sont « tannés d’entendre parler de la COVID ».

« Dans nos questionnaires de la Santé publique, on sent que les gens sont un peu tannés, que certains pensent que ce n’est pas si grave, que les gens s’isolent moins », déplore-t-il.

« Mais il ne faut pas lâcher. »

Alain Poirier