La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a demandé qu’une enquête interne soit déclenchée après avoir appris qu’une victime potentielle d’agression sexuelle n’aurait pas pu subir la trousse médico-légale à l’Hôpital Fleurimont, l’une des deux installations désignées de l’établissement pour ce genre d’examens qui sert de preuve légale.
La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a demandé qu’une enquête interne soit déclenchée après avoir appris qu’une victime potentielle d’agression sexuelle n’aurait pas pu subir la trousse médico-légale à l’Hôpital Fleurimont, l’une des deux installations désignées de l’établissement pour ce genre d’examens qui sert de preuve légale.

Le CIUSSS de l’Estrie lance une enquête sur la non-utilisation de ses trousses médico-légales

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a demandé qu’une enquête interne soit déclenchée après avoir appris qu’une victime potentielle d’agression sexuelle n’aurait pas pu subir la trousse médico-légale à l’Hôpital Fleurimont, l’une des deux installations désignées de l’établissement pour ce genre d’examens qui sert de preuve légale.

La trousse médico-légale est un examen avec des prélèvements qui peut servir à identifier l’agresseur et qui sert de preuve en cas de plainte. Elle doit être faite dans les cinq jours suivant une agression sexuelle.

Rappelons les faits. En début de la semaine, TVA Nouvelle rapportait les propos d’une jeune femme de 18 ans qui racontait s’être rendue deux fois à l’Hôpital Fleurimont à la mi-septembre pour y subir la trousse médico-légale. Elle a subi un examen physique et s’est fait remettre différentes prescriptions, mais il a été impossible de faire la trousse médico-légale, faute d’une infirmière disponible pour s’occuper d’elle.

« Nous sommes conscients du courage que cela nécessite pour une victime d’agression sexuelle de se rendre dans une salle d’urgence et demander qu’on complète une trousse médico-légale. Nous sommes désolés de constater qu’une jeune victime n’ait pas obtenu le service auquel elle était en droit de s’attendre. L’humanisme étant une valeur qui guide nos décisions au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, dès que nous avons été mis au fait du non-accès à la trousse, nous avons mis en place les mesures nécessaires pour garantir la disponibilité de celle-ci en toutes circonstances », a assuré le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Stéphane Tremblay.

À l’Hôpital Fleurimont, c’est une équipe dédiée d’infirmières formées et volontaires qui peuvent faire passer la trousse aux victimes présumées d’agression.

Au cours des derniers mois, ce ne serait pas la première fois que des victimes d’agressions sexuelles rencontreraient des difficultés pour compléter la trousse à Sherbrooke.

« Nous sommes chanceuses en Estrie d’avoir une équipe d’infirmières formées et surtout volontaires, car on sait que ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise envers ce genre de situation », mentionne Maggie Fredette, coordonnatrice du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l’Estrie (CALACS) de l’Estrie.

Ces infirmières occupent différents postes au sein de l’établissement, pas seulement à la salle d’urgence, et offrent des disponibilités pour couvrir toutes les périodes de l’année.

Pour différentes raisons, au cours des derniers mois, les disponibilités de ces infirmières auraient été grandement réduites.

« Dans d’autres centres désignés, ce sont les infirmières de l’urgence qui font les trousses quand les victimes se présentent à l’urgence. Pourquoi ce ne serait pas pareil ici quand il n’y a pas d’infirmières disponibles dans l’équipe dédiée? » questionne Mme Fredette.

Cette dernière espère que la situation sera réglée rapidement. « Les victimes vivent des moments difficiles. Quand elles se retrouvent devant une porte close, ça peut les rebuter de demander de l’aide », mentionne-t-elle.

Mesures supplémentaires mises en place

La direction du CIUSSS de l’Estrie ajoute que « toutes les mesures nécessaires sont en place pour offrir le service à la population qui nécessite une trousse médico-légale dans les deux installations désignées de l’établissement, selon les normes en vigueur ».

« En plus de l’enquête interne qui a été déclenchée par l’établissement, un rappel du protocole et du plan de contingence a été effectué auprès du personnel des secteurs concernés par la trousse médico-légale. De plus, mentionnons que le recrutement d’infirmières spécialisées est également en cours », peut-on lire aussi dans le communiqué émis par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Répercussions jusqu’à l’Assemblée nationale

La situation a eu des retombées jusqu’à l’Assemblée nationale mercredi, alors que la députée de Christine Labrie a interpelé le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant lors d’un échange en Chambre.

« À cause de la pénurie de personnel, il va manquer à cette femme-là des preuves qui auraient pu faire la différence dans le traitement d’une plainte. Quand est-ce que le gouvernement va prendre les moyens de mettre fin aux bris de services dans les services publics en traitement adéquatement le personnel de la santé? » a demandé la députée de Québec solidaire.

« La situation qui s’est passée dans son comté (NDLD : celui de Sherbrooke représenté par Christine Labrie) est inacceptable. Jamais, jamais jamais nous n’avons fait de délestage dans les urgences. Nous allons contacter le CIUSSS de l’Estrie pour vérifier ce qui s’est passé et nous allons régler le problème le plus rapidement possible », a rétorqué le ministre Carmant.