Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L’Hôpital Fleurimont et l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont désignés par le MSSS pour accueillir des personnes atteintes de la COVID-19 d’autres territoires.
L’Hôpital Fleurimont et l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont désignés par le MSSS pour accueillir des personnes atteintes de la COVID-19 d’autres territoires.

Le CIUSSS de l’Estrie en renfort aux hôpitaux débordés

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Sherbrooke — Une majorité d’hôpitaux au Québec sont « au niveau maximal de délestage et réussissent avec difficulté à réaliser les chirurgies urgentes et oncologiques », a indiqué lundi après-midi en point de presse la Dre Lucie Opatrny, sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Et les hôpitaux estriens ne font pas exception alors que 80 % des lits réservés à la COVID-19 étaient occupés lundi : 69 patients occupaient des lits réguliers (sur 74 lits réservés) et 10 se trouvaient aux soins intensifs (sur une capacité de 25).

De ce nombre, huit patients proviennent de l’extérieur de l’Estrie.

Depuis le début de la pandémie, la gestion des lits de soins intensifs se fait au niveau provincial afin d’équilibrer la pression sur les centres hospitaliers désignés pour recevoir de la clientèle atteinte de la COVID-19. En ce moment, certains hôpitaux de la région de Montréal ont atteint leur pleine capacité à recevoir des patients ayant besoin de se trouver aux soins intensifs.

« Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS (l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke et l’Hôpital Fleurimont) est un centre désigné par le MSSS qui accueille effectivement des personnes atteintes de la COVID-19 d’autres territoires. Aujourd’hui, ce sont huit personnes qui proviennent d’une autre région que l’Estrie et qui sont hospitalisées dans l’un des deux hôpitaux de Sherbrooke. »

« C’est le COOLSI (l’équipe de coordination des lits de soins intensifs du Québec) qui a pour mission de coordonner tous les transferts inter établissements des patients pour lesquels un diagnostic COVID-19 a été confirmé. La coordination COOLSI-COVID 19 touche aux transferts à destination des soins intensifs, mais également à ceux à destination de l’étage (hospitalisation en courte durée) », indique la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Geneviève Lemay.

Délestage

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a dû faire du délestage de plusieurs activités au courant du mois de décembre : l’urgence de Windsor a été fermée temporairement, le nombre de chirurgies effectuées chaque jour a été grandement réduit, de même que les activités dans les cliniques externes…

La situation est identique dans tous les hôpitaux du Québec.

« Plusieurs activités seront délestées en partie ou en totalité », a ajouté la Dre Lucie Opatrny en parlant de l’ensemble de la province.

Parmi les exemples d’activités délestées : les chirurgies semi et non urgentes, le dépistage du cancer du côlon, les greffes de rein de donneurs vivants (sauf pour clientèle pédiatrique), les consultations en cliniques externes…

Une majorité d’hôpitaux au Québec sont « au niveau maximal de délestage et réussissent avec difficulté à réaliser les chirurgies urgentes et oncologiques », indique la Dre Opartrny.

En ce moment, il y a 140 000 chirurgies en attente au Québec.

« Les impacts sont énormes et se feront sentir encore pendant plusieurs mois, voire des années en raison des retards qui s’accumulent sur les listes d’attente », a ajouté la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Plusieurs éclosions à l’Hôpital Fleurimont

En Estrie, la pression est particulièrement vive à l’Hôpital Fleurimont de Sherbrooke aux prises avec des éclosions dans sept départements ainsi que trois veilles d’éclosion.

« Les éclosions dans différents secteurs de l’Hôpital Fleurimont sont, comme toutes les éclosions dans un milieu de soins, préoccupantes pour notre établissement et la situation est suivie de près », ajoute la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Geneviève Lemay.

D’ailleurs, depuis vendredi, la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS restreint l’accès aux visiteurs et aux proches aidants dans quatre hôpitaux, soit l’Hôpital Fleurimont, l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, l’Hôpital de Granby et l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins.

Ces hôpitaux comptent au moins une unité en éclosion ou, comme les deux installations du CHUS, sont identifiés comme centres désignés pour accueillir des patients atteints de la COVID-19.

Ainsi, aucun visiteur ou proche aidant ne sera admis dans l’une de ces installations. Seuls les proches aidants requis dans certaines conditions et les accompagnateurs des services protégés seront autorisés : un parent pour un enfant en pédiatrie, un accompagnateur pour un accouchement et la présence d’un visiteur à la fois pour une personne en fin de vie.

Les mesures de contrôle aux entrées seront augmentées pour s’assurer du respect des consignes.

« D’autres mesures sont actuellement en analyse pour limiter la circulation à l’intérieur de ces hôpitaux afin de réduire au maximum les risques de propagation du virus. La direction est consciente de la difficulté pour les proches de personnes hospitalisées de ne pouvoir être présents auprès de celles-ci dans un moment difficile, mais se doit d’appliquer rigoureusement les consignes en vigueur afin d’éviter une augmentation du niveau de propagation du virus et ainsi protéger la population et l’accès aux services », indique-t-on du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.