René Roy. un usager du CIUSSS de l’Estrie — CHUS, a participé au groupe de travail. Paraplégique depuis 41 ans, il en est à prendre soin de son 3e chien d’assistance, un labrador du nom de Rankine.

Le CIUSSS accepte les chiens d’assistance

Avec une soixantaine de personnes ayant recours à un chien d’assistance sur son territoire, le CIUSSS de l’Estrie — CHUS devient le premier établissement de santé et services sociaux à se positionner en tant qu’« ami des chiens d’assistance ».

On a ainsi décidé de se pencher sur les difficultés auxquelles ces usagers sont parfois confrontés. Pour Nathalie Léonard, directrice adjointe à la qualité et à la sécurité des soins et des services, ce positionnement permettra de s’assurer que les propriétaires de chiens d’assistance aient accès aux mêmes lieux que les autres usagers.

« Certaines circonstances telles la sévérité de la condition médicale de la personne, la présence d’autres usagers fortement immunosupprimés, les espaces restreints et les procédures stériles qui sont exigées ne permettent pas la présence des chiens d’assistance », précise-t-elle toutefois, en donnant pour exemples le bloc opératoire, les unités de soins intensifs et les salles de réveil.

Le mot d’ordre, selon Mme Léonard : « Trouver un compromis ». 

« C’est très important pour le personnel d’offrir des mesures d’accommodement » dit-elle, soulignant que l’orientation des solutions relève du cas par cas et que la coopération de l’usager est évidemment primordiale. 

Les politiques sur les chiens d’assistance, qui n’étaient pas communes, ou même présentes dans les différentes installations, seront désormais harmonisées. 

« Si on doit se rendre dans un centre hospitalier, on sait à quoi s’en tenir. Autant pour les usagers que pour le personnel » dit René Roy, un usager du CIUSSS de l’Estrie — CHUS qui a participé au groupe de travail. Paraplégique depuis 41 ans, il en est à prendre soin de son 3e chien d’assistance.



« Des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme utilisent ces chiens pour la régularisation au niveau du sommeil. »
Marie-Ève Langlais

Son labrador du nom de Rankine lui permet de parcourir de plus grandes distances en fauteuil roulant et facilite ses déplacements, en plus de pouvoir ramasser des objets. « Le chien d’assistance n’est pas un caprice. Mon chien est en quelque sorte ma “prothèse vivante”» explique-t-il.

Avant d’avoir accès à un chien d’assistance, M. Roy souffrait régulièrement de tendinites et de bursites, ce qui affectait sa qualité de vie.

L’adjointe au directeur de programme en déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique, Marie-Ève Langlais, explique que les chiens d’assistance peuvent être utilisés pour pallier toutes sortes d’incapacités. 

« Des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme utilisent ces chiens pour la régularisation au niveau du sommeil, de l’anxiété et de l’accompagnement », dit-elle. 

« C’est un plus de savoir que les usagers vont pouvoir continuer de travailler avec leur chien et qu’ils ne feront pas face à des situations de handicaps qui les empêchent d’obtenir des services », ajoute-t-elle. 

Au cours de l’été, des identifications « amis des chiens d’assistance » apparaîtront aux entrées des installations.

Une décision en réaction à des plaintes

Dans la dernière année, l’établissement a réuni un groupe de travail composé entre autres de médecins, de membres de l’équipe de prévention et de contrôle des infections, d’un usager, de représentants des secteurs cliniques, de conseillers-cadres en éthique et de responsables de la sécurité.

Ensemble, le groupe a mené plusieurs discussions tout en consultant des organismes clés, comme la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) ainsi que l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ). Il a ensuite mis sur pied une politique, laquelle a récemment été adoptée par le conseil d’administration.

L’OPHQ a d’ailleurs salué cette résolution. « Il s’agit d’une heureuse initiative, car il existe peu de balises normatives ou légales encadrant la présence de chiens d’assistance », a commenté Anne-Hébert, directrice de l’organisme.

Rappelons que ce projet a été rendu possible grâce à un financement de 10 000 $ du Fonds Brigitte-Perreault. La décision d’étudier la question avait été provoquée l’an dernier par deux plaintes de discrimination de la commission des droits de la personne et de la jeunesse qui concernaient des usagers avec chiens d’assistance qui n’avaient pas été accommodés.

Nathalie Léonard confirme qu’il y a eu médiation et que les parties concernées par ces plaintes ont trouvé un terrain d’entente.