Les élèves du CEP Adjo Gnininfou, Frédérick Lapierre et Adakou Sativi pourraient bénéficier de la création d’une boutique multiculturelle qui favoriserait leur insertion sociale et professionnelle. En attendant, ils font des apprentissages en gérant la friperie du CEP, ouverte pour un mois, qui dessert uniquement la clientèle du CEP.

Le CEP propose une boutique pour favoriser l’insertion sociale

Le Centre d’éducation populaire (CEP) de l’Estrie souhaite ouvrir une boutique multiculturelle afin de favoriser l’insertion sociale et professionnelle de sa clientèle qui se compose d’adultes réfugiés peu scolarisés et de Québécois d’origine qui éprouvent de grandes difficultés en littératie. Pour réaliser ce projet, intitulé Le tour du monde en 180 produits, l’organisme a posé sa candidature au concours pancanadien Aviva. La population a jusqu’au 19 octobre pour voter pour le projet de développement communautaire du CEP qui, s’il récolte assez de votes et qu’il attire ensuite l’attention du jury, obtiendra un financement de 80 000 $ pour mener à bien cette initiative.

« Par cette boutique, nous aimerions créer des plateaux de travail pour les apprenants qui, pour des raisons diversifiées, peinent à trouver leur place et à s’accomplir sur le marché du travail. Ce projet leur permettra de mettre en pratique les compétences de base apprises théoriquement au Centre, soit s’exprimer oralement, écrire, lire, calculer, maîtriser les outils informatiques, travailler en équipe et résoudre des problèmes », explique Stéphanie Cotnoir, directrice adjointe au CEP et responsable du volet insertion socioprofessionnelle, ajoutant que les apprenants seront appelés à, par exemple, à compter la caisse, faire l’inventaire, préparer les feuilles de dépôts.

Aux couleurs du pays

Si tout roule comme prévu, la boutique ouvrira ses portes le 8 septembre 2018, Journée internationale de l’alphabétisation, et une dizaine d’apprenants pourront y parfaire leur compétence en continu. Ouverte au grand public, la boutique vendra des objets développés dans le cadre d’ateliers de création artistique. Les produits mis en vente seront inspirés des pratiques des apprenants, par exemple des poupées pour enfants da la tradition africaine ou des bijoux inspirés du Maroc.

« Nos apprenants sont souvent des artisans. Beaucoup sont des couturières ou des gens qui ont un savoir-faire manuel qui n’est pas reconnu à leur arrivée », mentionne la directrice générale du CEP, Mylène Rioux.

« Ce qu’on est en train de mettre sur pied serait la seule mesure de la sorte pour les gens qui sont en voie d’alphabétisation. Les autres programmes accessibles s’adressent à une clientèle ayant déjà des compétences comme celle de remplir un formulaire. On travaille avec une clientèle qui veut travailler, mais qui n’a pas encore toutes les clés pour offrir les portes du marché du travail », résume Mme Cotnoir.

Le CEP invite la population à voter, jusqu’à 18 fois, avant le 19 octobre au : www.fondscommunautaireaviva.org/ et choisir le projet : Le tour du monde en 180 produits.