Olivier Grimard a reçu le prix d’excellence en sciences, lettres et arts ainsi que le prix d’excellence globale pour les programmes préuniversitaires. Il est accompagné du journaliste Gérald Fillion, président d’honneur de la 32e Soirée du mérite étudiant, qui coïncide avec le 50e anniversaire du Cégep de Sherbrooke.

Le Cégep salue l’excellence

« Vous ne savez pas aujourd’hui combien votre choix d’être au Cégep est déterminant. »

Président d’honneur de la 32e Soirée du mérite étudiant, qui coïncide avec le 50e anniversaire du Cégep de Sherbrooke, le journaliste Gérald Fillion avait un message très clair à livrer aux étudiants réunis mardi soir à la salle Alfred-DesRochers.

Pas moins de 68 prix ont été distribués, et des bourses totalisant 18 000 $ remises aux récipiendaires des différentes catégories au cours de cette soirée haute en émotion destinée à souligner le travail acharné des étudiants.

Journaliste spécialisé en économie à RDI et diplômé du Cégep de Sherbrooke, Gérald Fillion agissait à titre de président de la soirée. C’était donc une occasion idéale pour replonger dans les archives de l’institution scolaire, et de présenter une vidéo de M. Fillion animant l’édition de 1994 de Cégeps en spectacle. Le journaliste garde d’ailleurs d’excellents souvenirs de son passage au Cégep de Sherbrooke : « Ce sont deux années très riches de ma vie. Ces années représentent une grande période de bouillonnement créatif incroyable », explique-t-il.

La belle histoire

La Soirée était animée avec brio par le duo composé des étudiants Léa Chicoine et Olivier Grimard. Il est à noter que l’animateur de 19 ans a remporté le prix d’excellence en sciences, lettre et arts ainsi que le prix d’excellence globale pour les programmes préuniversitaires. « Je suis honoré, surtout avec tous les efforts déployés », a-t-il affirmé avant d’ajouter humblement que bien des collègues auraient tout autant pu obtenir de tels prix. Le jeune homme aspire à des études en médecine.

Marie-France Bélanger, directrice générale du Cégep, a distribué les prix au début de la soirée. Le prix d’excellence globale a été remis pour les programmes d’études techniques, à Marie-Noëlle Deslandes, étudiante en techniques de bureautique. La médaille du Gouverneur général a été attribuée à Caroline Vignau, étudiante en sciences de la nature. Un prix spécial remis à l’occasion du 50e du Cégep a aussi été décerné à Maxence Croteau, étudiant en sciences, lettres et arts, pour son engagement exceptionnel. « Je suis heureuse que le Cégep fasse partie de votre histoire, et sachez que, réciproquement, vous ferez toujours partie de l’histoire du Cégep », a tenu à souligner Mme Bélanger.

La désinformation à l’ère du numérique

La désinformation est le plus grand défi des médias, estime Gérald Fillion, journaliste économique à RDI, lors d’une conférence portant sur les défis auxquels les médias font présentement face.

Devant près d’une centaine d’étudiants, M. Filion a tracé un portrait de la situation des médias et du monde journalistique à l’ère du numérique à l’auditorium du pavillon des sciences de l’Université de Sherbrooke. La conférence était une initiative du Regroupement des étudiants en économique de l’Université de Sherbrooke (RÉÉUS). C’était une deuxième occasion pour M. Filion de discuter du milieu journalistique, lui qui avait fait une présentation sur le campus en 2016.

M. Fillion identifie le défi principal actuel des médias : la désinformation. « La désinformation est devenue notre principale ennemie. C’est un problème qui nous guette tous, elle est partout », a affirmé M. Fillion. Le journaliste explique les fondements de cette situation en évoquant l’abondance d’information présente dans le cyberespace. C’est cette abondance qui occasionne ainsi deux comportements chez les utilisateurs : une diminution de l’attention et une incertitude à identifier le vrai du faux dans les informations partagées en ligne.

Après Cambridge analytica

Le scandale qui a frappé Mark Zuckerberg, le PDG du réseau social Facebook, a ébranlé le milieu des médias. Faut-il le rappeler, les données de plus de 87 millions d’utilisateurs ont été utilisées dans le but de cibler certaines informations mensongères. L’enquête nous permettra d’avoir plus d’informations prochainement, mais pour M. Fillion, cet évènement soulève justement les risques de l’utilisation des données en ligne. « Je ne fais pas la critique de la publicité, mais plutôt la critique des méthodes d’acquisition des données et l’utilisation qui peut en être faite », assure-t-il. Le défi du milieu journalistique sur le numérique est donc d’assurer que les données ne soient pas utilisées dans le but de manipuler les utilisateurs ciblés.

Des solutions?

La dernière partie de la conférence visait à établir quelques solutions possibles à mettre en place pour affronter le problème de la désinformation. Une d’elles est inspirée d’Alain Saulnier, ancien directeur général de l’information à Radio-Canada, et vise la spécialisation des journalistes à des domaines très précis. Pour M. Fillion, il ne fait toutefois pas de doute que la classe politique et les citoyens devront collaborer. « Nous devons investir en éducation. Il faut lire des livres, lire les programmes politiques », affirme-t-il. Comme quoi le meilleur moyen de faire volte-face aux fausses nouvelles est d’encourager l’esprit critique et l’apprentissage.