Yann Ducharme-Roy est des étudiants du Cégep de Sherbrooke qui s’implique dans le projet de transition secondaire-cégep.

Le cégep démystifié pour les finissants du secondaire

Des centaines d’élèves du secondaire ont fait parvenir récemment leur demande d’admission dans un cégep; ils avaient jusqu’au 1er mars pour faire leur demande au premier tour. Afin de faciliter le passage entre le secondaire et les études collégiales, des étudiants du Cégep de Sherbrooke tentent de démystifier auprès des élèves cet important passage.

Certains étudiants mènent ces rencontres dans le cadre d’un cours. « C’est un cours dans lequel ils ont comme projet d’aider les élèves de cinquième secondaire pour qu’ils arrivent l’an prochain dans une meilleure position », commente Josée Lange, professeure au Cégep de Sherbrooke. L’initiative, chapeautée par l’institution collégiale, existe depuis quelques années déjà.

« Avec les années, on est rendu qu’on visite environ 60 classes et 1950 jeunes », précise-t-elle.

Le but est de répondre aux questions des futurs diplômés. La différence entre les deux niveaux est énorme, rappelle Mme Lange : l’encadrement est beaucoup moins serré au collégial. Les jeunes laissent parfois leurs amis derrière eux. Bref, l’inconnu est grand. « Ils ont beaucoup de questions, ça génère pas mal d’anxiété. »

Yann Ducharme-Roy est l’un des étudiants du Cégep de Sherbrooke qui s’investit dans ce projet.

Il a eu une première rencontre avec des élèves de l’école secondaire Mitchell-Montcalm récemment. « On répond à leurs questions et à leurs inquiétudes », souligne-t-il en racontant que la majorité a levé la main lorsqu’on leur a demandé si l’entrée au cégep les stressait.

Les parents aussi peuvent avoir certaines préoccupations par rapport à cette étape importante, note-t-il. 

 
L’étudiant en gestion de commerce fait la promotion de la page Facebook « Transition secondaire-cégep », qui peut servir autant aux étudiants qu’à leurs parents, selon lui. Comment a-t-il vécu lui-même son entrée au Cégep? « J’ai été chanceux. J’étais dans l’équipe de football », affirme celui qui a pu compter sur les vétérans des Volontaires pour s’informer.

Certains étudiants s’investissent dans ce projet à l’extérieur de leurs cours, de façon bénévole. Mme Lange insiste pour dire que l’activité n’a pas comme objectif de faire la promotion du Cégep de Sherbrooke.  

« Ils vont vivre le même genre de situation, ça s’applique à tout le monde cette transition », note Mme Lange en ajoutant que les visites se déroulent aussi dans les écoles d’éducation aux adultes.

Françoise Laliberté, conseillère en orientation à l’école internationale du Phare, salue l’initiative du Cégep de Sherbrooke, qui permet aux élèves du secondaire d’avoir un portrait plus clair de ce qui les attend au cégep.

Il fut une époque où les élèves du secondaire avaient droit à des cours d’éducation choix de carrière (ECC) pendant leur formation au secondaire. Celle-ci a cependant disparu depuis plusieurs années. Comment les élèves sont-ils préparés à décider de leur future carrière? « Ça ne commence pas juste en cinquième secondaire : on y va en amont », note Mme Laliberté.

« Il faut, dès la quatrième secondaire, qu’ils réfléchissent plus concrètement à leurs démarches d’informations », dit-elle en soulignant que les élèves des niveaux précédents sont aussi sensibilisés. 

L’accompagnement auprès des jeunes se fait de différentes façons, notamment dans le cadre de tournées de classes de la conseillère d’orientation. La fin des cours d’ECC fait en sorte que l’accompagnement est plus aléatoire; la conseillère verrait d’un bon œil le retour de ce type de cours. « Ça n’aide pas nécessairement d’avoir trop d’informations », dit-elle en soulignant que devant l’abondance de l’information, celle-ci peut parfois être biaisée.