Rappelons que le projet devait à l’origine compter 1700 portes. Le promoteur a demandé un changement de zonage pour ajouter 300 portes, chiffre qui devrait donc être réduit.

Le Carré Belvédère revu à la baisse

Après avoir demandé de construire 300 portes de plus dans le Carré Belvédère, le promoteur du projet devrait diminuer sa demande, lundi, au conseil municipal, a indiqué le conseiller municipal Vincent Boutin à La Tribune.

« Dans le dossier qui sera amené, il y aura une diminution de la densité que le promoteur va faire, a-t-il confirmé. Il va diminuer la densité vers le secteur habité pour faire une meilleure intégration. On est à l’intérieur du périmètre urbain, c’est un dossier prévu depuis plusieurs années. Le marché de l’habitation a changé, on est moins dans l’unifamilial, mais plus dans les logements. L’accès à la propriété est de plus en plus difficile. Si l’on était à l’extérieur du périmètre urbain, je dirais que ça n’aurait pas d’allure, mais là, on est en ville. »

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Des questions sur la densification du Carré Belvédère

Le conseiller du district des Quatre-Saisons n’a pu avancer de nouveau chiffre. « Je n’ai malheureusement pas le chiffre, je vais l’avoir demain (lundi). C’est assurément moins. Là où l’on va modifier, c’est vers le sud-est, où il n’y a pas, ou peu d’habitations. C’est sûr que l’impact va être moins grand pour l’entourage », a-t-il expliqué.

Rappelons que le projet devait à l’origine compter 1700 portes. Le promoteur a demandé un changement de zonage pour ajouter 300 portes, chiffre qui devrait donc être réduit. 

Des citoyens s’opposent

Des citoyens concernés par le développement du Carré Belvédère se pointeront au conseil municipal, lundi. « On ne s’oppose pas au développement, on demande que les citoyens soient respectés », explique Pierre Des Rochers, un résident du secteur. 

Pour lui c’est la façon dont le tout a été organisé qui est problématique. « On dirait qu’on tente de museler toute la population environnante qui va subir les contrecoups de ça. On pourrait faire des développements où c’est épanouissant, où l’on respecte l’environnement, on respecte le citoyen. C’est ce qui est important. On dirait que les fonctionnaires, avec les promoteurs, ne travaillent que pour aller chercher des profits et des taxes, ce qui n’est pas correct », déplore-t-il.

Vincent Boutin

De plus, l’aspect environnemental est très important pour celui qui habite le secteur depuis sept ans. « Ça me déchire le cœur de voir l’érablière centenaire qu’on a dévastée, une partie de la prucheraie qui s’en va. C’est désolant de voir le dynamitage qui se fait tous les jours. Et pour la prucheraie qui est conservée, on ne viendra pas me faire croire que ça va durer encore longtemps. Ce qui va rester de la prucheraie va être altéré et l’on va ajouter d’autres blocs là-dedans. On dirait que c’est l’objectif des promoteurs, aller toujours chercher plus. Comme s’il n’y en avait jamais assez. » 

De son côté, le conseiller municipal Vincent Boutin avoue que c’est un dossier assez émotif. « Depuis le tout début, il y a eu des frictions entre le promoteur et les citoyens dans le dossier. À la base, on parle d’un projet de 1700 unités d’habitation et le promoteur voulait bonifier ça de 300 pour se rendre environ à 2000. La demande de modification ne vient pas jouer sur ce qui avait été entendu sur les deux prucheraie. Il n’y aura pas d’autres arbres qui seront abattus. »

Des citoyens ont aussi peur que ce secteur se transforme en ghetto avec le temps. « Je comprends que, dans ce secteur-là, les gens ont eu de mauvaises expériences dans le passé et l’on est très sensibles à ça. En même temps, ce quartier, le promoteur veut en faire un quartier modèle avec des trottoirs en banquette, des rues plus étroites pour diminuer la vitesse, beaucoup de verdure. Il veut faire quelque chose qui va durer dans le temps, pas de développer pour développer et de s’en aller. Je pense que les choses vont bien vieillir dans le secteur. C’est un milieu de vie », décrit M. Boutin.