L’annonce du gouvernement Legault d’offrir de l’enseignement à distance à compter du 17 décembre aux élèves est bien accueillie dans le milieu scolaire.
L’annonce du gouvernement Legault d’offrir de l’enseignement à distance à compter du 17 décembre aux élèves est bien accueillie dans le milieu scolaire.

Le calendrier scolaire des Fêtes bien accueilli

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’annonce du gouvernement Legault d’offrir de l’enseignement à distance à compter du 17 décembre aux élèves est bien accueillie dans le milieu scolaire. « Globalement, ça nous semble un bon compromis », estime le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin, alors que les élèves du primaire seront de retour en classe comme prévu début janvier et les élèves du secondaire, le 11 janvier.  

M. Bergevin estime que la Santé publique pourrait penser à des mesures afin de faire tester les élèves du secondaire avant le retour en classe, afin d’éviter les éclosions dans les écoles.

Dans un sondage mené par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) dont fait partie le SEE, les enseignants sondés ont dit vouloir garder le contact avec les élèves durant la période des Fêtes qui aurait pu être prolongée de façon plus importante, selon les scénarios qui étaient étudiés par Québec. Alors qu’il avait été question de fermeture complète, le modèle proposé rassure le SEE.

L’annonce est accueillie avec soulagement pour les services de garde, qui ouvriront leurs portes aux enfants des travailleurs des services essentiels, notamment ceux de la santé.

« Pour nous, c’est quand même un soulagement. Ce n’est pas l’ensemble des services de garde qui vont rester ouverts, ce n’est pas l’ensemble des parents non plus. Ce n’est pas un désaveu pour les autres parents qui travaillent dans une usine ou qui ont besoin de travailler aussi. C’est vraiment parce qu’il y a une incapacité d’accueillir tous les enfants », commente Renée Bibeau, présidente du Syndicat du personnel technique et administratif (SPTA) du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS). Elle cite notamment le contexte de pénurie de personnel et toutes les contraintes liées à la COVID. 

Des interrogations

« On a quand même des questions : le maintien des salaires. Il y avait eu maintien des salaires au printemps, est-ce que ce sera la même chose? » 

Elle souhaite que les employées qui se retrouvent en congé forcé en raison de la formation à distance puissent tout de même toucher leur salaire. 

« Ils ouvrent les services de garde d’urgence, mais en même temps, tous ces enfants-là vont-ils recevoir de la formation à distance? » s’interroge également Renée Bibeau.

Elle s’interroge aussi sur les écoles spécialisées qui demeureront ouvertes, à savoir lesquelles exactement.

« On aurait aimé savoir ce qui se passe avec la formation professionnelle et la formation aux adultes », note de son côté M. Bergevin. 

Quant au matériel informatique, il s’attend à ce que ses membres soient bien équipés pour faire leur travail. Si ce n’est pas le cas, dit-il, il reste quelques jours afin de mettre les choses en place. 

La semaine dernière, les différents scénarios soulevés, dont prolonger les vacances des Fêtes et étirer l’année scolaire en plein été, avait fait réagir le SEE, qui remettait en question cette idée.

Même si l’annonce est bien accueillie, le président du SEE a aussi différentes interrogations, dont l’école à distance pour les tout-petits de maternelle 4 ans et 5 ans. 

« Ça va demander un effort supplémentaire aux parents », évalue-t-il.

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) accueille aussi positivement le scénario proposé.

« C’est ce qu’on demandait, un suivi pédagogique, que les enseignants soient disponibles pour les élèves (...) On avait surtout peur pour les élèves vulnérables », commente le président, Kévin Roy, un citoyen de Coaticook. « On a limité les dégâts », estime-t-il en convenant que le modèle à distance posera davantage de défis pour les tout-petits. 

« C’est un grand soulagement pour moi de constater que le calendrier scolaire est maintenu au primaire et au secondaire avec quelques aménagements pour de l’enseignement à distance, a commenté la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, sur sa page Facebook. Ça me semble un compromis raisonnable pour permettre aux familles de se réunir en réduisant les risques, autant sanitaires que pédagogiques ou psychologiques. J’espère que les détails viendront bientôt pour les élèves en formation professionnelle et en formation aux adultes, parce que le ministre les a encore oubliés dans son annonce... »