Des travailleurs du chantier du boulevard René-Lévesque s’inquiètent de la largeur de cette nouvelle voie de circulation qui doit être inaugurée à la fin du mois de juin.

Le boulevard René-Lévesque trop étroit, selon des travailleurs

Le boulevard René-Lévesque, qui doit être inauguré d’ici la fin du mois de juin dans les secteurs Rock Forest et Saint-Élie, ne comptera qu’une voie de chaque côté. Une voie d’une largeur de cinq mètres qui inquiète certains artisans du chantier qui s’achève.

Préférant garder l’anonymat, ces travailleurs expriment leur crainte pour la sécurité des usagers du boulevard, mais aussi pour les enfants qui fréquenteront l’école de le Croisée. L’un d’entre eux estime que la voie de circulation ne pourra pas accueillir deux voitures côte à côte en cas d’urgence. « Pour l’école C, les pompiers ont demandé une voie d’accès de six mètres. Le reste du boulevard, lui, en fait cinq », dit un de ces travailleurs.

« Les ambulances et les pompiers n’arriveront pas à passer s’il y a des voitures sur la route. Quelqu’un pourrait mourir. C’est une farce monumentale. Si on voulait élargir, il faudrait tout défaire et recommencer. »

On s’inquiète aussi de l’espace nécessaire pour que les entrepreneurs en construction atteignent les terrains qu’ils développeront. Idem pour la collecte des ordures.

Au Service de protection contre les incendies, on confirme que la largeur de six mètres d’une voie d’accès est nécessaire pour tout bâtiment situé à plus de 45 mètres d’une voie publique. « Nous avons accepté une largeur de cinq mètres pour le boulevard René-Lévesque parce que nous pourrons circuler en partie sur le terre-plein en cas d’urgence », explique Dany Robitaille, chef de la division de la gestion des risques au Service de protection contre les incendies.

Le directeur par intérim du bureau des projets majeurs à la Ville de Sherbrooke, Jocelyn Grenier, confirme à son tour que de bordure en bordure, le boulevard René-Lévesque aura cinq mètres de largeur. « Dans le terre-plein central, il y aura un mètre additionnel de bande franchissable. Il s’agit d’une bande surélevée pour permettre aux camions de franchir un carrefour giratoire, par exemple. »

On retrouve aussi une bande franchissable au coin du chemin Saint-Roch et de la rue Émery-Fontaine.

« Le boulevard a été conçu pour ne pas favoriser les doubles voies en tout temps tout en étant conforme pour les urgences. Le Service de protection contre les incendies a été mis dans le coup tout au long du design et la voie franchissable permettra aux collègues pompiers de faire leur travail. Dans le terre-plein, on trouvera donc la voie cyclable, une zone tampon, puis cette bande franchissable. »

Jocelyn Grenier estime que la collecte des ordures ne posera pas de problème non plus. « Comme partout en ville, sur une ligne jaune, un automobiliste doit suivre le camion à ordures jusqu’à un endroit où il est possible de dépasser. Techniquement, pour une manœuvre à basse vitesse, il sera possible de dépasser le camion. On pourrait le faire sur la bande franchissable si on le juge opportun. »

«Un compromis»

Cette façon de concevoir le boulevard découle entre autres des différentes audiences du Bureau d’audiences publiques en environnement. « C’est un axe routier qui devait être créé en équilibre entre le transport actif et le transport urbain. Les études de circulation démontrent que les niveaux de service seront suffisants. »

On estime que le boulevard René-Lévesque permettra d’ajouter 1600 portes au quartier. À 2200 portes, le boulevard Bertrand-Fabi, qui compte une voie dans chaque direction, connaît des problèmes de congestion. Quelle est donc la différence entre les deux?

« La congestion n’est pas une question de nombre de voies, mais d’intersections. Sur Bertrand-Fabi, les intersections sont en croix avec des arrêts dans toutes les directions. Là, il y aura des carrefours giratoires qui permettront d’écouler plusieurs voitures. »

Le maire Steve Lussier a lui aussi entendu les préoccupations. « La deuxième couche d’asphalte n’est pas posée, donc on ne voit pas la bordure, mais les services d’urgence pourront passer sans problème. Tout est une question de coûts. C’est normal d’être allé pour une voie de chaque côté. »

Le conseiller Julien Lachance a accueilli les inquiétudes de ses concitoyens. « Les études ont démontré qu’une voie de chaque côté sera suffisante. Je souhaite que ça fonctionne. Je ne dirais pas que je suis certain à 100 %. Ç’a été un compromis. Il y a une multitude d’études pour arriver à ces conclusions. Il faut faire confiance à toutes les analyses qui ont été faites pendant dix ans. Ça nous force à développer le transport actif. »

Le tronçon du boulevard en cours de réalisation a une longueur de 2,75 km. L’ensemble du projet est évalué à 26,4 M$.