Danouska Lévesque est responsable depuis neuf ans d’une résidence pour adultes avec déficience intellectuelle modérée à sévère à Danville. Elle héberge six adultes qui vivent avec différentes difficultés et c’est pour elle un bonheur de pouvoir prendre soin d’eux.

Le bonheur de prendre soin d’adultes déficients intellectuels [VIDÉO]

Danouska Lévesque vit avec cinq adultes dans la cinquantaine atteints de déficience intellectuelle. Certains parlent, d'autres sont incapables de communiquer avec la parole. Certains sont un peu plus autonomes, d'autres ont besoin d'aide pour plusieurs gestes de la vie courante, comme aller à la salle de bain ou se doucher. Mme Lévesque n'est pas leur maman; elle est responsable d'une résidence d'accueil pour adultes. Ces adultes aux lourds besoins vivent chez elle et ils sont chez eux dans cette grande maison de Danville.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a présentement des besoins criants de nouvelles résidences d’accueil pour adultes. Ces résidences familiales peuvent accueillir entre une et neuf personnes (voir autre texte). «Nous avons des besoins partout, mais nos besoins les plus criants, ce sont pour les adultes avec déficience intellectuelle en perte d’autonomie liée au vieillissement, avec les gens polyhandicapés et avec des adultes avec troubles du comportement», explique Nathalie Chouinard, chef de service au programme déficience intellectuelle (DI), trouble du spectre de l’autisme (TSA) et déficience physique (DI) au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Lire aussi: 50 adultes en attente pour une nouvelle place en résidence

Mais qu’est-ce que ça prend pour se lancer dans un projet d’accueil d’adultes atteints de déficience intellectuelle ou de trouble de spectre de l’autisme?

« C’est un travail multitâches où notre rôle principal, c’est de prendre soin de personnes qui en ont besoin », précise Danouska Lévesque qui agit comme famille d’accueil depuis neuf ans.

« Nous sommes là pour nourrir ces adultes, pour faire pour que tout le monde soit bien. Je compare souvent à ce qu’on faisait dans le temps dans nos grandes familles, quand on s’arrangeait pour que ça fonctionne. Ça prend de la constance, de la cohérence, de la stabilité, de l’encadrement, de la sécurité et de l’amour », clame la passionnée responsable.

Son travail des neuf dernières années la passionne. « Moi, j’adore cuisiner. Des fois je cuisine, je suis contente, je me dis que c’est super, que mes résidents vont tellement trouver ça bon... Mais la plupart ne vont pas me le dire, ils n’en sont pas capables. Moi ma paye, je vais la chercher quand je vois que mes résidents sont bien, quand je vois les petites réussites des personnes qui arrivent ici, quand je vois sur leur visage qu’ils sont bien, quand je les vois s’endormir dans le calme... » soutient Danouska Lévesque.

Le travail en est un à la fois exigeant et très gratifiant. « Oui, c’est un travail à l’année. Ces résidents vivent chez moi, dans ma maison. Mais je réussis à prendre des pauses, des congés et même des vacances. J’ai des remplaçants », explique Mme Lévesque qui, lors de ses journées de congé, va souvent garder ses neuf petits-enfants.

Celle qui gère ce chaleureux foyer d’accueil a occupé de nombreux postes dans sa vie; elle est même retournée à l’université pour faire une maîtrise. Mais c’est dans ce métier qu’elle s’est épanouie le plus et le mieux.

« J’ai un rôle dans la communauté, celui de démystifier la déficience intellectuelle. Je veux faciliter les contacts entre les résidents et les gens de la communauté. Les gens avec une DI sont incroyables. Ils ne vivent pas dans le passé, ils sont dans le présent, ils ne te jugent pas, ils ont cette super capacité », clame-t-elle.

Les personnes qui auraient envie de se lancer dans l’aventure seront bien entourées, dit Mme Lévesque.

« Il y a toute une équipe autour de nos résidences d’accueil, du côté des services cliniques et du côté administratif aussi », dit Marie-Josée Bolduc, chef de service en gestion contractuelle à la direction de la qualité au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Pour ceux qui ont le goût, je vous l’assure, c’est vraiment une belle aventure! » conclut Danouska Lévesque.

Danouska Lévesque