Waleed Abulkhair, l’avocat de Raïf Badawi qui a été condamné à 15 ans de prison en 2014, a entamé une grève de la faim le 29 novembre dernier pour protester contre son isolement.
Waleed Abulkhair, l’avocat de Raïf Badawi qui a été condamné à 15 ans de prison en 2014, a entamé une grève de la faim le 29 novembre dernier pour protester contre son isolement.

L’avocat de Raïf Badawi en grève de la faim

Waleed Abulkhair, l’avocat de Raïf Badawi, a entamé une grève de la faim depuis déjà plus d’une semaine pour protester contre son mauvais traitement, a appris Amnistie internationale. Le prisonnier d’opinion, qui est détenu en Arabie Saoudite depuis 2014, aurait été placé en confinement pour des raisons inconnues.

« C’est inquiétant, parce qu’on a des inquiétudes comme quoi sa sécurité serait en danger. Pour Amnistie internationale, l’isolement, c’est une forme de mauvais traitement qui s’apparente à la torture. On se demande s’il va recevoir d’autres mauvais traitements », partage Mireille Elchacar, porte-parole pour Amnistie internationale en Estrie.

L’avocat saoudien, qui se spécialisait dans la défense des prisonniers d’opinion avant d’écoper 15 ans de détention, aurait été placé en isolement le 26 novembre, et aurait amorcé sa grève de la faim le 29 novembre. « Quelque temps avant de le placer en confinement, on l’a brutalisé et on a enlevé les draps qu’il avait sur son lit », avance Mme Elchacar.

Amnistie demande que M. Abulkhair puisse avoir rapidement accès à un médecin et qu’il soit en mesure de parler avec sa famille. « La santé peut dégringoler rapidement lorsqu’on est dans une grève de la faim », commente Mme Elchacar.

« En premier lieu, cet homme-là ne devrait pas être en prison. Il avait été condamné sous une loi antiterroriste qui a été adoptée par l’Arabie Saoudite il y a quelques années. C’est une loi avec des termes très flous. On se rend compte de plus en plus chez Amnistie qu’elle est utilisée pour faire taire toute forme de dissidence. Dès que quelqu’un ose dénoncer le régime ou une situation, on l’accuse de terrorisme. Dans le cas de Waleed Abulkhair, on sait pertinemment que cette loi a été utilisée pour le faire taire. »

Des comptes à rendre

Amnistie internationale, qui demande la libération de plusieurs prisonniers d’opinion en Arabie saoudite, dont le blogueur Raïf Badawi, souhaite profiter de la montée du pays à la tête du G20 la semaine dernière pour exiger que le royaume change ses façons de faire.

« Ça n’a pas de sens, s’indigne Mme Elchacar. L’Arabie Saoudite dit qu’elle veut se moderniser et redorer son image, puis on n’arrête pas d’emprisonner des gens et de les soumettre à des mauvais traitements. Des gens qui ont tout simplement critiqué le régime ou demandé des changements. Ça va faire. On espère aussi que les autres États membres du G20 ne vont pas se taire et vont prendre cette occasion comme une opportunité de demander des comptes à l’Arabie Saoudite. »