L’éclosion de la COVID-19 survenue au Manoir Sherbrooke des Résidences Soleil, détectée dans la nuit de samedi à dimanche, contribue à alourdir le bilan.
L’éclosion de la COVID-19 survenue au Manoir Sherbrooke des Résidences Soleil, détectée dans la nuit de samedi à dimanche, contribue à alourdir le bilan.

L’augmentation des cas n’est pas une surprise, dit le Dr Poirier

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le premier ministre du Québec François Legault avait avisé les Québécois que le nombre de cas confirmés de COVID-19 allait grimper de façon importante lundi : il a en effet pratiquement triplé, passant de 219 à 628 cas au Québec selon le bilan dressé lundi à 13 h. L’Estrie a aussi fait un bond, passant de 30 cas reconnus dimanche à 48 lundi midi.

L’augmentation de cas en Estrie n’est pas une surprise. Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, avait avisé dimanche la population que l’augmentation du nombre de cas allait être marquée. « Il y a plus de cas que ce que le système en rapporte en Estrie et c’est probablement le cas dans d’autres régions », avait-il expliqué.

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 Une transmission de «quatrième génération» au Manoir Sherbrooke [VIDÉO]

La situation « sous contrôle » au Manoir Sherbrooke

Selon les informations obtenues par La Tribune, le bilan continuera de s’alourdir mardi en Estrie. La région pourrait compter jusqu’à 90 cas confirmés ou présumés en ce moment.

L’éclosion de la COVID-19 survenue au Manoir Sherbrooke des Résidences Soleil, détectée dans la nuit de samedi à dimanche, contribue à alourdir le bilan. Il a été impossible lundi d’obtenir un suivi sur le nombre de personnes infectées ni sur leur état de santé.

«Transmission de 4e génération»

Dimanche, le directeur de la Santé publique de l’Estrie avait signalé qu’il y avait eu une « transmission de quatrième génération » au Manoir Sherbrooke. Cela signifie qu’un voyageur testé positif à la COVID-19 (première génération) a transmis le virus au fils d’une résidente (deuxième génération), qui l’a ensuite contracté (troisième génération), avant que la résidente transmette à son tour le coronavirus à d’autres résidents (quatrième génération).

Cela signifie que la « transmission communautaire » est bel et bien commencée au Québec; ce ne sont plus seulement les voyageurs qui peuvent être porteurs.

L’augmentation du nombre de cas est attribuable à trois principaux facteurs. D’abord, le nombre de tests effectués a augmenté de façon significative.

La semaine dernière, sept hôpitaux ont commencé à effectuer le test. Or quand ces laboratoires détectaient des « cas présumés », le test devait ensuite être envoyé au Laboratoire de santé publique du Québec pour être validé. Le délai entre les deux tests pouvait être parfois long étant donné que le laboratoire de Québec est surchargé. Pourtant, entre-temps, les patients dont les tests sortaient positifs au laboratoire de l’Hôpital Fleurimont, par exemple, étaient considérés et traités comme des cas positifs par la direction de la Santé publique de l’Estrie. Idem dans les autre régions.

« Nous avons décidé maintenant de calculer tous les cas présumés également, pour tenir compte de la réalité qui évolue vite », a expliqué le premier ministre François Legault.

Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie

Semaine de relâche

Ensuite, il y a toute la question de la semaine de relâche scolaire. « Nous vivons la queue de notre semaine de relâche. Présentement, encore 40 à 60 pour cent des cas sont associés à des voyages », a indiqué en point de presse le Dr Horacio Arruda, directeur de la Santé publique du Québec.

Finalement, la direction de la Santé publique du Québec a choisi de concentrer ses tests sur les personnes revenant de voyage et présentant des symptômes de toux, de fièvre ou de difficultés respiratoires. « Les probabilités de trouver des cas sont plus grandes que dans d’autres provinces où ils ont choisi de faire les tests de façon différente », a indiqué le Dr Arruda. 

Près de 1200 tests à Sherbrooke et Granby

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie Alain Poirier avait signalé vendredi soir « un fort potentiel de transmission de la COVID-19 dans la population de Granby, de Bromont et des environs ». Le personnel des hôpitaux de la Haute-Yamaska et de la Pommeraie a notamment été invité à se faire tester rapidement en cas de symptômes. Le personnel médical et les résidents de ces deux MRC touchées ont répondu à l’appel, car, de vendredi à lundi, 573 personnes ont été testées à la clinique de test de Granby.

Dans la clinique de tests de la COVID-19 de Sherbrooke, 569 tests ont été effectués dans la même période.