Les élus continueront de discuter de l’avenir du boisé Fabi lundi prochain.
Les élus continueront de discuter de l’avenir du boisé Fabi lundi prochain.

L’Association pour la protection du boisé Fabi veut être consultée

L’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi s’inquiète des réflexions en cours concernant la possibilité de construire une rue pavée qui traversera le boisé. Elle déplore de ne pas avoir été consultée par la Ville, qui devait évaluer différents scénarios lundi pour une petite section de l’espace aujourd’hui boisé.

Dans un communiqué, l’Association déplore de ne pas avoir été mise au courant des options envisagées pour ce corridor qui doit être déboisé pour le passage d’infrastructures souterraines, soit des conduites d’aqueduc et d’égout. « Si des solutions sont en discussion, nous aurions aimé y participer activement. Pourquoi n’a-t-on pas été encore mis à contribution? » interroge-t-elle.

Joint au téléphone, le président du regroupement, François Villeneuve, explique que l’association a été créée à la demande de la Ville. « Ils savent qu’on existe. Ils nous ont demandé de fonder un OBNL pour que nous puissions échanger de façon officielle. C’est le silence radio. On ne nous a pas mis au courant des différentes avenues. » 

M. Villeneuve explique ne pas vouloir imposer une décision à la Ville, mais seulement faire valoir son point de vue. « La dernière fois que nous avons eu des échanges, ça doit faire un an. On n’a même pas de nouvelles de notre conseiller municipal, Pierre Tremblay. »

Le président du groupe qui compte plus de 300 sympathisants sur Facebook explique avoir adouci sa position. « Au départ, nous ne voulions pas que des arbres soient coupés d’aucune façon pour passer à travers le parc. Nous acceptons le compromis pour passer les égouts et l’aqueduc. Nous aimerions que ce corridor soit revégétalisé et que ce soit un passage piétonnier. On pourrait planter de l’asclépiade par-dessus. Ses racines ne sont pas profondes et ça pourrait ramener le papillon monarque dans notre secteur. Nous voulons que les aménagements tiennent compte du parc actuel. »

Rappelons que les travaux à réaliser sont nécessaires en raison du développement résidentiel dans ce secteur du district du Lac-Magog. En 2014, il était prévu d’asphalter le tronçon en question de manière à désengorger la rue Bertrand-Fabi, mais aussi pour offrir une deuxième sortie sécuritaire du quartier à construire près du boisé. 

En 2018, la Ville affirmait que si la rue asphaltée était éliminée, il demeurerait impossible de planter des arbres à cet endroit puisque les racines pourraient endommager les conduites.

« Nous craignons de ne pas avoir accès à toutes les options possibles, qu’on nous fasse part de la seule option retenue sans qu’on ait pu se prononcer sur les autres solutions élaborées et discutées avec le promoteur. »

Avant la pandémie, le conseiller Pierre Tremblay avait annoncé qu’une consultation sur le sujet se tiendrait au printemps. À la Ville de Sherbrooke, on rapporte qu’aucune consultation n’est prévue pour le moment et que si consultation il y a, elle sera organisée par le conseiller Tremblay. 

Celui-ci, contacté par La Tribune, n’était pas en mesure de confirmer la tenue d’une consultation. 

« Il y a deux ans, j’ai pris l’engagement auprès de l’Association citoyenne du boisé d’entreprendre des discussions avec le promoteur [Jacques] Vallée pour voir s’il n’y aurait pas d’autres alternatives. Il a accepté de le faire même s’il n’était pas obligé, puisque son entente avec la Ville est notariée et qu’elle a été entérinée par une majorité des membres du conseil en 2014 », explique M. Tremblay.

Il mentionne qu’il s’agit d’un dossier sensible et que le conseil a décidé de poursuivre son analyse lors d’un long plénier la semaine prochaine. « C’est très sage, selon moi. »

En réponse à François Villeneuve, le conseiller précise que ce n’est pas la Ville ou les fonctionnaires qui choisissent les options possibles dans le boisé. « C’est le promoteur qui nous soumet ce qu’il serait prêt à accepter et à quelles conditions. Il ne faut pas oublier non plus que le terrain où doit passer la rue lui appartient. D’aucune façon, moralement ou légalement, la Ville n’a le droit de l’empêcher de faire la rue qui était prévue. »

Pierre Tremblay ajoute qu’il pourra en dire plus à la population dès que le huis clos sera levé sur ce dossier.