Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Munis de bannières et de slogan, les membres ont entamé leur plus récente campagne devant les bureaux de la députée libérale Élisabeth Brière.
Munis de bannières et de slogan, les membres ont entamé leur plus récente campagne devant les bureaux de la députée libérale Élisabeth Brière.

L’Association des locataires veut « socialiser le parc locatif privé »

Tommy Brochu, initiative de journalisme local
Tommy Brochu, initiative de journalisme local
La Tribune
Article réservé aux abonnés
L’Association des locataires de Sherbrooke veut « socialiser le parc locatif privé ». Munis de bannières et de slogan, les membres ont entamé leur plus récente campagne devant les bureaux de la députée libérale Élisabeth Brière.

« Concrètement, on pousse pour que les gens ne soient pas à la rue, explique le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Mario Mercier. On demande que les logements dans les milieux qui ont des besoins soient achetés par le gouvernement. On dit que si les propriétaires ne sont pas capables de s’asseoir et de respecter certaines règles élémentaires, il faut que le gouvernement s’en mêle. » 

« Entre les profits et le logement, on choisit le droit au logement, poursuit-il. Le gouvernement actuellement choisit l’inverse : il choisit la possibilité que les propriétaires puissent expulser les gens. Les structures actuelles ne permettent aucunement aux locataires de s’en sortir. Et on pense que c’est volontaire. »

L’intervenante à l’Association des locataires de Sherbrooke, Célia Dagenais, explique que la majorité des 40 ménages pour qui l’Association tentait de trouver un logement l’été dernier ont dû emménager dans un appartement insalubre. « Les logements qui sont accessibles aux personnes en situation de handicap, aînés ou financièrement n’existent plus. Car les propriétaires qui ont le pouvoir dans cette situation se permettent de s’enrichir, d’augmenter leur loyer et ne vont pas aviser les locataires de leurs droits. Il n’y a pas de solidarité, c’est chacun pour soi. C’est ce qu’on dénonce, c’est le capitalisme sauvage qui fait qu’on devient insensible à la personne devant nous », mentionne-t-elle, ajoutant qu’il « n’y a pas de mauvais pauvres, que personne n’aime être pauvre ».

Selon elle, tous les logements devraient être subventionnés « de sorte que personne ne devrait payer plus de 30 % de son revenu pour son logement ».

L’intervenante à l’Association des locataires de Sherbrooke, Célia Dagenais

Femmes

Mme Dagenais estime que les femmes sont plus à risque lorsqu’on parle d’accessibilité au logement. « Le logement, c’est ce qui peut faire qu’une femme peut rester dans un lieu qui n’est pas sécuritaire pour elle, car elle ne veut pas se retrouver à la rue. Le droit au logement est intimement lié à l’itinérance, à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Ce sont tous des enjeux qui sont particuliers aux femmes à la croisée des oppressions »

« En ayant une socialisation du logement, toutes les femmes pourraient se permettre d’être en sécurité, pour elles, pour leur famille et pour leurs proches, sans mettre leur vie en danger »

« L’itinérance chez les femmes, c’est vraiment particulier. Plusieurs études prouvent que l’itinérance des femmes est invisible, car elles ne peuvent pas se permettre de rester dans la rue. Elles sont à risque de violence sous différente forme. C’est pourquoi elles vont souvent passer d’un divan à l’autre. Elles vont souvent devoir échanger des services sexuels contre un toit. Et ça ne se passe pas juste à Montréal, c’est dans toutes les municipalités. Ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas que ça n’existe pas »

Le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Mario Mercier