Alain Roy et Mario Mercier, porte-paroles de l’Association des locataires de Sherbrooke, ont exprimé leur point de vue vendredi matin devant l’hôtel de ville.
Alain Roy et Mario Mercier, porte-paroles de l’Association des locataires de Sherbrooke, ont exprimé leur point de vue vendredi matin devant l’hôtel de ville.

L’Association des locataires de Sherbrooke rectifie le tir

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Selon la Société d’habitation du Québec (SHQ), il n’y avait personne à la rue au 1er juillet à Sherbrooke, ce qui est faux, selon l’Association des locataires de Sherbrooke (ALS), qui a peiné jusqu’au 1er août pour loger tous les Sherbrookois au cours de ce qu’elle qualifie d’année catastrophique à plusieurs égards.

Rappelons qu’au 1er juillet 2020, 42 ménages étaient toujours sans logements à Sherbrooke, ce qui représente plus du double de l’année précédente. De ces 42 ménages, 27 ont été hébergées dans un hôtel par la Ville de Sherbrooke.

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« On savait qu’avec la pénurie de logements ça allait être très difficile. On s’attendait au pire, et finalement, ç’a été pire que ce à quoi on s’attendait », avance Mario Mercier, porte-parole de l’ALS, en point de presse devant l’hôtel de ville.

La situation n’a rien à voir avec la COVID-19, ajoute-t-il, trouvant qu’elle « a le dos très large » ces temps-ci.

« Ce qui est arrivé cette année, c’est arrivé l’année passée, l’année d’avant et ça va arriver l’année prochaine. En moyenne, c’est 40 % de la population qui ne peut pas trouver un logement de façon convenable », poursuit son collègue Alain Roy, aussi porte-parole.

Ils expliquent que plusieurs locateurs refusaient carrément de louer à des personnes pauvres, et qu’une grande partie des logements étaient impropres et ne rentraient pas dans les critères.

Une journée ou deux avant le 1er août, l’ALS était toujours dans la recherche active de logements. « On a travaillé jusqu’à la dernière minute. On a vraiment eu peur de ne pas être capable de loger tout le monde », avoue M. Mercier.

Une partie importante du budget de l’Association a été dépensé au fil des opérations. Près de 17 000 $ ont servi notamment à couvrir des frais de déménagement ou des dépenses en ameublement pour les logements non meublés, qui étaient nombreux cette année.

La solution passe par la socialisation du parc locatif, c’est-à-dire de le transformer en logements sociaux, croit M. Roy, et le gouvernement a un rôle à jouer pour y arriver. « Tant qu’à investir, pourquoi ne pas le faire de manière intelligente et pérenne pour régler les problèmes plutôt que de proposer des solutions instantanées », affirme Mario Mercier.

L’Association aimerait organiser une journée de sensibilisation en 2021 pour informer la population de la situation, qui prend de l’ampleur d’année en année, et travailler de concert avec les mouvements sociaux, comme le racisme et la violence faite aux femmes, pour sensibiliser les gens aux problèmes de discrimination vécus par plusieurs dans la recherche de logement.