« On aurait pu trouver une façon d'imposer en plus la TPS et la TVQ aux gens qui affichent des chambres sur Airbnb », se désole Richard Grenier, président de l'Association des gîtes touristiques Magog-Orford.

L'Association des gîtes touristiques Magog-Orford critique l'entente

L'entente intervenue entre le gouvernement du Québec et la multinationale Airbnb n'impressionne pas le président de l'Association des gîtes touristiques Magog-Orford (AGTMO), Richard Grenier.
« Ça ne change pas grand-chose, je trouve, cette entente, affirme M. Grenier. Ils auraient pu trouver une façon d'imposer en plus la TPS et la TVQ aux gens qui affichent des chambres sur Airbnb. »
M. Grenier est toutefois contraint d'avouer que ce ne sont pas toutes les personnes qui louent des chambres qui sont obligées de payer la TPS et la TVQ. En effet, sous un certain seuil de revenus annuels, certaines n'ont pas à percevoir ces deux taxes à la consommation.
N'empêche, le président de l'AGTMO considère que le combat entre les gîtes touristiques reconnus et la majorité des locateurs associés à Airbnb demeure « inégal ».
« Ça reste plus facile de cacher des revenus à l'État pour les personnes qui sont avec Airbnb, soutient Richard Grenier. Nous, on informe constamment Infotouriste du nombre de chambres disponibles dans nos gîtes. Ça fait en sorte qu'on peut difficilement faire des cachettes, contrairement au groupe d'Airbnb. »
Conscient qu'Airbnb ne disparaîtra sans doute pas de sitôt, M. Grenier souhaiterait que l'entreprise et ses affiliés soient forcés de démontrer plus de transparence et de respecter toutes les règles existantes.
« Par exemple, les gîtes sont souvent obligés de payer entre 1500 et 2000 $ de taxes de plus, comparativement aux propriétaires de maisons normales. Il faut également qu'on se conforme à la réglementation municipale et qu'on soit en règle avec la Corporation de l'industrie touristique du Québec, qui a plusieurs exigences à notre égard. »
Considérant ses critiques, on ne se surprend pas d'entendre Richard Grenier émettre le souhait que davantage de surveillance soit effectuée par le gouvernement. Il sait que de nouveaux inspecteurs seront embauchés par Québec, mais doute que leur arrivée ait rapidement des effets dans la région de Magog.
La mairesse satisfaite
Interpellée directement par des membres de l'AGTMO au cours des dernières années, la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, accueille pour sa part avec satisfaction l'entente entre Québec et Airbnb.
« Je suis contente que le gouvernement provincial intervienne, indique Mme Hamm. Il y avait un manque d'équité en ce qui concerne la taxation entre les différents acteurs de l'industrie. C'est important qu'on réglemente, car il se faisait un peu n'importe quoi à des endroits. Nous et d'autres Villes souhaitions une intervention du provincial dans ce dossier. »
La mairesse de Magog promet par ailleurs que sa municipalité continuera à traquer les personnes qui font de la location à court terme dans des secteurs où ce n'est pas permis. « On aura plus de zones l'autorisant dans le futur schéma d'aménagement, mais on ne laissera pas les gens contrevenir à nos règlements », promet-elle.