Plus de 60 exposants ont participé au Salon des métiers d’art de l’Estrie qui se tenait de mercredi à dimanche au Centre de foires de Sherbrooke.

L'artisanat au goût du jour au Salon des métiers d'art

Chaque année, Nicole Charbonneau Dubreuil fait un tour dans les magasins de décoration pour voir quelles sont les tendances du moment, et s’en inspire pour faire les patrons des nappes, napperons, tapis et linges à vaisselle qu’elle fera cette année-là au métier à tisser.

Cependant, si le produit final est résolument au goût du jour, sa technique de production n’en est pas moins traditionnelle.

« Je tisse comme ma grand-mère, et comme mon arrière-grand-mère. Ça fait quatre générations chez nous qu’on fait du tissage. Quand j’avais 12 ans, ma mère m’a appris à utiliser les fibres, à les choisir et à faire mes patrons », racontait-elle dimanche dans son kiosque au Salon des métiers d’art de l’Estrie tenu au Centre de foires de Sherbrooke.

Dans sa famille, ils étaient neuf enfants – quatre garçons et cinq filles –, et tous ont tissé. « Je suis la seule à avoir continué à faire ça. Mes filles ont essayé, et là je suis en train de le montrer à mes petites-filles de huit ans, et elles adorent ça », raconte celle dont l’atelier de tissage est situé à Saint-Pie, près de Saint-Hyacinthe.

Ça fait 40 ans que Mme Charbonneau Dubreuil participe à des salons d’exposants. Au départ, elle travaillait plutôt avec des retailles de coton, mais avec les années, elle a raffiné ses produits à la demande des clients. Tout au long de l’année, elle fait d’ailleurs des produits sur commande.

Une allée mode

Parmi les nouveautés cette année au Salon, on trouvait une rangée complètement dédiée aux vêtements et accessoires comme des bijoux ou des sacoches.

« On a regroupé tous les exposants de ce type, comme ça les gens qui sont intéressés par les produits textiles et les produits de mode savent où aller. Ils peuvent prendre le temps, l’allée est grande, il y a de l’espace, les gens ont vraiment le temps de regarder et d’essayer. On a même rajouté des petits bancs dans le milieu pour que les hommes puissent s’asseoir, relaxer et admirer leurs dames! » explique France Ménard, de La fibre en soi, qui en était à sa sixième participation au Salon cette année.

Celle-ci s’est réjouie de l’attitude des visiteurs qui sont passés à son kiosque de vêtements. « Ce que je trouve au salon de Sherbrooke, c’est que la clientèle sait reconnaitre l’art et apprécier le travail qu’on fait. Les gens savent qu’on met beaucoup notre cœur dans toutes nos productions, on sent leur curiosité. Par exemple, je teins mes vêtements avec un processus naturel que les gens ne connaissent pas, et ça me fait plaisir de l’expliquer! »

Un sceau de qualité

Pour Diane Ferland, présidente de la Corporation des métiers d’art de l’Estrie, acheter un produit au Salon, c’est savoir qu’il porte un sceau de qualité puisqu’il a été fait par un artisan de métier, pas juste par quelqu’un qui bricole dans ses temps libres. « Souvent, c’est du savoir qui est transmis de génération en génération », dit-elle.

Parfois, certains artisans sont gênés de demander le juste prix pour leur article, poursuit-elle. « Mais s’ils ne vont pas chercher un salaire, on va perdre leurs produits : c’est tout un patrimoine qu’il faut sauvegarder! »

Nicole Charbonneau Dubreuil concède d’ailleurs qu’il est très difficile pour un artisan de vivre de son travail.

Mme Ferland s’est par ailleurs dite satisfaite de l’achalandage du salon, semblable à celui de l’an passé, alors que l’événement avait attiré 7000 visiteurs.

Les membres du conseil d’administration de la Corporation des métiers d’art espèrent toujours que leur directrice générale, Lyne Montmeny, pourra revenir au travail dans les prochains mois. Rappelons que cette dernière a dû laisser son poste en octobre pour prendre un congé maladie. « On a engagé quelqu’un temporairement pour donner un coup de main au secrétariat, mais pour l’instant on attend de voir si elle va revenir bientôt », a confirmé Mme Ferland.