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Le professeur Alexandre Langlois de l’Université de Sherbrooke.
Le professeur Alexandre Langlois de l’Université de Sherbrooke.

L’Arctique sous la loupe de l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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De nouvelles installations permettant de documenter les effets des changements climatiques en Arctique verront le jour dans cette région, grâce à un projet de l’Université de Sherbrooke.

Le site, qui accueillera de l’équipement de pointe, sera déployé aux abords de Cambridge Bay au Nunavut, grâce au financement obtenu par le professeur Alexandre Langlois et ses collègues.
Le chercheur, comme l’écrivait récemment La Tribune, fait partie des professeurs de l’Université de Sherbrooke ayant reçu une subvention de la Fondation canadienne pour l’innovation. Le projet est évalué à un peu plus de 4,2 M$.

Alexandre Langlois et ses collègues travaillent sur des projets de recherche depuis 2015 à Cambridge Bay, portant entre autres sur le pergélisol, la neige et la glace de mer afin de développer des méthodes satellites de suivis de ces éléments qui changent avec les changements climatiques.
« On était au double dans les régions nordiques : le taux de réchauffement est deux fois plus fort que partout sur la planète et là, on commence à frôler trois fois plus fort. Ça s’accélère. Il y avait lieu de voir comment ces éléments-là changent dans le temps et quels impacts cela a. Par exemple, la perte de neige va nuire à des éléments de la faune, accélérer la fonte du pergélisol parce que la neige agit comme couche protectrice aussi. Elle joue le même rôle sur la glace de mer », explique Alexandre Langlois, qui développe notamment des modèles capables de prédire les impacts au fil des ans.
« Suivant ça, j’ai commencé à monter un réseau de recherche avec des collègues de plusieurs universités de partout dans le monde sur le suivi du Haut-Arctique par télédétection et, de fil en aiguille, à force de travailler à Cambridge Bay, on a réalisé que ce qui manquait, c’était réellement les moyens d’avoir un site permanent de suivis multidisciplinaire. »
Les infrastructures à venir dans le Nord canadien, à la station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique, sont inédites. L’équipe bénéficie de l’appui de Savoir polaire Canada.
Le projet s’est développé en collaboration avec les universités Western Ontario, de Toronto et de Montréal.
« Chaque pôle universitaire a son expertise », dit Alexandre Langlois.
« J’ai monté cette équipe-là pour proposer la construction d’un site permanent de mesures sur le campus de la station qui a été ouverte en 2017. »
L’endroit va susciter l’intérêt, d’autant qu’il est « facilement » accessible, du moins dans son contexte géographique.
Du même coup, il servira de plateforme de formation de gens des communautés de même qu’à la tenue d’écoles d’été et d’hiver auprès d’étudiants internationaux.  
Selon le professeur, la mise en place du projet devrait s’étirer sur cinq ans à compter de cet été ou de l’automne. Les délais varieront aussi dans le contexte de la COVID, où l’accès au Nord « est fermé depuis un an ».
La COVID et ses défis
« Ça donne une perspective intéressante à ce projet dans la mesure où l’accès au Nord est fermé depuis un an. Ça nuit aux recherches. On dépend plus que jamais de l’autonomie de certaines communautés inuites pour faire les mesures pour nous. La perspective d’avoir un endroit où former les gens, dans ce contexte-là, c’est vraiment génial. »
L’apport des communautés est important, relate le chercheur, notamment pour leur savoir traditionnel.
« Je travaille sur le caribou entre autres dans ce projet-là. Toute l’information migratoire que j’utilise est issue du savoir traditionnel. Il est absolument exceptionnel et essentiel à nos travaux (...) On revenait de glace de mer à un moment donné et un chasseur, spontanément, nous a dit que dans le détroit, les conditions de glace ont tellement changé que le caribou ne traverse plus sur l’île principale. Pour nous, c’est critique comme information lorsqu’on étudie le parcours migratoire. »
La COVID a créé bien des embûches. Entre 12 et 15 missions ont dû être annulées dans son équipe, raconte le scientifique.
« J’ai dû revoir des objectifs de thèses de doctorat et de maîtrise pour ne pas rallonger la période d’études », illustre-t-il.