Le cœur du quartier Well inc., le projet du consortium composé du Fonds immobilier de la FTQ, du Groupe Custeau immobilier et de Sherbrooke, comptera deux bâtiments qui permettront la création d’un village vertical et l’aménagement d’une place publique de 30 000 pieds carrés.

L’architecture de Well inc. dévoilée

Le cœur du quartier Well inc., le projet du consortium composé du Fonds immobilier de la FTQ, du Groupe Custeau immobilier et de Sherbrooke, comptera deux bâtiments qui permettront la création d’un village vertical et l’aménagement d’une place publique de 30 000 pieds carrés. Le concept a été dévoilé lundi au conseil municipal dans un rapport d’étape.

Rappelons que le projet immobilier sera situé entre les 42 et 92 rue Wellington Sud, soit, entre autres, le terrain où est situé l’Hôtel Wellington. La Ville de Sherbrooke est propriétaire des terrains alors que le consortium serait propriétaire des bâtiments. Les locaux loués à la Ville lui coûteraient 15 $/pied carré, un montant concurrentiel sur le marché.
Pourquoi présenter un concept à ce moment-ci, à un mois des élections municipales? C’est Normand Bélanger, président et directeur général du Fonds immobilier de la FTQ, qui l’a proposé. « Si on veut arriver avec une construction livrée à l’hiver 2020, il faut qu’on ait une entente avec la Ville avant la fin de l’année. Si on présente le projet seulement après les élections, nous n’aurons pas eu assez de temps pour calculer les coûts », explique-t-il.
Selon lui, il fallait confirmer le concept pour amorcer l’analyse de coûts.
Le concept prévoit donc deux bâtiments. Le premier compte 70 000 pieds carrés et accueillera le guichet unique pour les entrepreneurs et les partenaires du développement entrepreneurial. Autrement dit, il abritera Sherbrooke Innopole, Commerce Sherbrooke et Pro-Gestion Estrie. Il portera le nom de QG.
Le deuxième, privé, sera deux fois plus gros, soit 140 000 pieds carrés. On y intégrera des commerces au rez-de-chaussée, de même qu’environ 60 logements aux étages supérieurs. SherWeb doit aussi prendre de l’expansion et s’y installer.
« Nous voulons vraiment avoir un village vertical avec du commerce de proximité au rez-de-chaussée. Les gens vont y vivre et y travailler. Quand je passe sur la rue Wellington aujourd’hui, j’essaie de m’imaginer de quoi ça aurait l’air en 2020, parce qu’on doit livrer en 2020 pour notre partenaire Sherweb. Pour nous aujourd’hui, c’est un incontournable. Si le centre-ville veut s’activer, il faut que des gens y demeurent », dit M. Bélanger.

Stationnement de 700 à 950 places
Selon les esquisses et la vidéo dévoilés à l’hôtel de ville lundi, une passerelle unira les deux constructions. Un escalier permettra de longer le quadrilatère pour descendre sur la rue du Dépôt. L’esquisse laisse croire que le plus gros bâtiment aura 11 ou 12 étages, contre 5 ou 6 pour le plus petit.
Le stationnement à étages, qui devait contenir au moins 280 places selon les exigences de la Ville, aura vraisemblablement une capacité oscillant entre 700 et 950 places. Il aura trois ou quatre étages et demi et ne sera pas chauffé. Il sera démoli et construit par le consortium et revendu à la Ville.
La place publique devant être aménagée entre les deux édifices aura une superficie de 30 000 pieds carrés, soit deux fois plus que ce qui avait été annoncé au point de départ, et offrira une percée visuelle sur la gare de la rue du Dépôt.
Le consortium travaillera pour les deux prochains mois avec les services municipaux et les partenaires privés pour préciser certains paramètres techniques. Il reviendra devant le nouveau conseil avant la fin de l’année pour présenter l’ensemble des coûts du projet de construction, jusqu’ici évalué à au moins 50 M$ d’investissements privés. Les nouveaux élus seront alors appelés à prendre une décision et, le cas échéant, à signer une entente avec le promoteur.
La démolition de l’Hôtel Wellington est prévue au début de 2018 pour permettre la construction du stationnement d’abord, des bâtiments par la suite.  
Le conseil a profité de la séance publique de lundi pour faire un bilan de la première année du projet Well inc.  
On annonce qu’en 10 mois, 21 projets d’affaires portés par des entrepreneurs ont démontré de l’intérêt pour le Quartier Well inc, dont 81 % sont des nouveaux projets. Dans l’ensemble, ce sont 24 % des projets qui proviennent de l’extérieur de la Ville. À ce jour, LP Royer et L’Gros Luxe ont confirmé qu’ils s’installaient dans le nouveau quartier avec des investissements privés totalisant 1.5 M$.

Demers : « On sent que l’élan est là »

Les élus ont somme toute bien accueilli le projet du consortium du Fonds immobilier de la FTQ, du Groupe Custeau et de SherWeb, même si quelques interrogations subsistent. Plusieurs en ont profité pour faire le point sur le projet Well inc., un an plus tard.
« Il n’y avait pas 56 000 façons de stimuler l’entrepreneuriat. Il fallait utiliser nos forces vives. Dès le départ, les gens ont répondu présents. Ce n’est pas la Ville qui pousse le projet et il se produit ce que nous souhaitions : que le projet s’intègre dans le milieu. Nous le faisons de la bonne façon et au bon rythme », fait valoir Bruno Vachon.
« Quand on échappe des projets, les gens ne sont pas contents. Là on en a un projet. On parle de beaucoup de béton, mais il faut garder en tête qu’il existe des choses au centre-ville dans lesquelles on a déjà beaucoup investi. Il est aussi important de considérer qu’on fera vivre ce qui existe déjà également », ajoute-t-il.
« Nous mettons en place un terrain fertile à l’entrepreneuriat. Le défi, c’est de ne pas aller trop vite, de ne pas tout canner. Il faut stimuler l’entrepreneuriat, mais pas surorganiser. Le défi, c’est d’accepter qu’il faut parfois se rajuster. On sent que l’élan est là », prévient pour sa part Rémi Demers.

« Il n’y avait pas 56 000 façons de stimuler l’entrepreneuriat. Il fallait utiliser nos forces vives. Dès le départ, les gens ont répondu présents », fait valoir Bruno Vachon.

« Les vrais coûts »
Jean-François Rouleau était insatisfait. « Vous avez gagné le gros lot. Je m’attendais ce soir à avoir les vrais coûts du projet. Je sais, M. Sévigny, que vous vous gardez l’exclusivité des montants pour après la campagne électorale. Je pensais aujourd’hui qu’il y aurait un avancement significatif. »
« Si vous vous attendiez à une ventilation des coûts après quelques mois, c’est un peu illusoire », a rétorqué Serge Paquin.
« Les analyses financières ne sont pas terminées. Quand le travail sera terminé, ce sera présenté. », précise le maire Bernard Sévigny.
Dans le même sens, Pierre Tardif s’est montré inquiet que l’occupation des bureaux de Well inc. provienne principalement de transferts d’entreprises. « J’espère que c’est pour le mieux. Les gens se demandent ce qui arrivera avec les bureaux qui seront laissés libres. Il ne faudrait pas déshabiller un pour habiller l’autre. »
« Extrêmement confiant »
« Le pari que nous faisons, c’est que l’effet d’entraînement sera tel que l’ensemble du secteur sera rentabilisé. Quand on regarde la qualité des partenaires mobilisés, je suis extrêmement confiant pour l’avenir. Je peux partir à la retraite tranquille », répond à nouveau Serge Paquin.
« L’investissement de 50 M$ peut donner le vertige, mais le Fonds immobilier de la FTQ et le Groupe Custeau en ont vu d’autres et nous pouvons avoir confiance », a pour sa part commenté Vincent Boutin.
Louisda Brochu et Annie Godbout ont tous les deux démontré de l’enthousiasme devant le projet présenté. « On sent que l’impulsion qu’on a donnée répond aux besoins du milieu qui témoigne d’une culture embryonnaire. Ça établira pour le futur une culture entrepreneuriale pour que cette ville soit reconnue pour toutes ses forces », dit le premier.
« J’aime beaucoup la mixité des usages », dit la seconde.