Le vicaire général Guy Boulanger et l'agente de pastorale Anne-Marie Laffage

L'archidiocèse de Sherbrooke encadrera bénévoles et salariés

Une politique d'encadrement sécuritaire des intervenants tant bénévoles que salariés où leurs antécédents judiciaires seront vérifiés entrera en vigueur dès le mois d'août dans l'archidiocèse de Sherbrooke.
À l'instar de l'archidiocèse de Montréal où la politique entrera en vigueur en 2020, l'archidiocèse de Sherbrooke appliquera de nouvelles règles à compter d'août 2017 pour prévenir notamment les abus envers les personnes vulnérables que sont les enfants, les aînés ou les personnes malades.
L'agente pastorale de soutien aux ressources paroissiales, Anne-Marie Laffage, soutient que la politique a été officialisée en 2016.
« Nous terminons la tournée des paroisses et des équipes pastorales. Les dernières seront rencontrées au mois d'août. Nous leur disons que la politique entrera en vigueur au mois d'août même si certaines paroisses ont mis en place des pratiques semblables depuis quelques années surtout celles qui offraient des services auprès des personnes aînées ou malades. À partir du mois d'août, les vérifications seront systématiques », soutient-elle.
La vérification des antécédents judiciaires sera faite auprès de quelque 2000 bénévoles et de tous les employés salariés de l'archidiocèse de Sherbrooke.
Chaque paroisse disposera d'un responsable de l'encadrement sécuritaire qui devra mettre en oeuvre la politique et faire le point de façon ponctuelle. Anne-Marie Laffage mentionne que les intervenants de l'église sont tout à fait d'accord avec les orientations de cette nouvelle politique d'encadrement sécuritaire.
« Ça va de soi. À plusieurs endroits, les prêtres étaient habitués aux vérifications parce que c'est obligatoire pour rencontrer les gens dans les CHSLD », indique Anne-Marie Laffage.
Au-delà des antécédents judiciaires
Le vicaire général, l'abbé Guy Boulanger explique que la politique d'encadrement va bien au-delà de la vérification des antécédents judiciaires.
« Nous voulons prendre soin des clientèles que nous avons, mais aussi des personnes qui s'impliquent. C'est un processus d'accompagnement de nos intervenants que nous mettons en place », explique l'abbé Boulanger.
« Ce qui est important à comprendre n'est pas juste de vérifier les antécédents judiciaires des personnes auprès des clientèles vulnérables. L'encadrement sécuritaire comporte cinq étapes où nous assurons un accueil adéquat des bénévoles où nous suivons les étapes en fonction de leur implication. Des formations seront données tout eu long de leur implication » ajoute Mme Laffage.
C'est le virage catéchétique au début des années 2000 où les cours de catéchèse se sont retrouvés dans les paroisses qui ont servi de base à cette réflexion. Les condamnations criminelles de membres du clergé sherbrookois au cours des dernières années comme Daniel Pichette ou Richard Bouffard ont ajouté aux facteurs pour justifier la mise en place de cet encadrement.
« Dans toutes les formations que nous donnions, nous rappelions qu'il était important d'être vigilant et de ne pas se retrouver seul avec un enfant tant pour les bénévoles que les salariés. Il y a aussi toujours eu de la sensibilisation auprès des prêtres. L'église demeure très vigilante en ce sens. C'est une responsabilité que nous avons envers tout le monde», explique l'abbé Boulanger.
Ce dernier signale que personne ne va éviter le processus.
« Nous ne pouvons nous limiter au fait de connaître l'histoire d'une personne. Personne ne va éviter le processus. C'est une préoccupation des diocèses depuis un bon nombre d'années de savoir comment mettre de telles politiques d'encadrement en place », mentionne l'abbé Guy Boulanger.