Les enseignants préféreraient alterner entre une moitié de groupe une journée et l’autre le lendemain, à la rentrée de cet automne. 
Les enseignants préféreraient alterner entre une moitié de groupe une journée et l’autre le lendemain, à la rentrée de cet automne. 

L’alternance en classe, une solution pour la rentrée?

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Si 100 % des élèves du primaire devaient retourner à l’école en septembre, les enseignants préféreraient alterner entre une moitié de groupe une journée et l’autre le lendemain.

C’est l’un des faits saillants qui ressort d’un sondage mené auprès des délégués du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE). Le coup de sonde a également été mené auprès des syndicats de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), à la suite d’une consultation amorcée par le gouvernement. Ce scénario est celui qui a obtenu le plus d’adhésion (32 %).  

Avec une telle façon de faire, les établissements ne pourraient cependant pas atteindre les 180 jours de classe prévus au calendrier scolaire. « La journée à la maison, ce ne serait pas un congé ou des vacances «, précise Richard Bergevin, président du SEE.

Des enseignants ont aussi souligné la difficulté de fonctionner de cette façon pour les parents. Certains ont suggéré de diviser le groupe et de faire l’enseignement une semaine à une moitié des élèves et l’autre moitié la semaine suivante, mais une telle suggestion serait plus difficile à réaliser au plan des apprentissages.

« Le premier scénario proposé par le ministre de l’Éducation, (Jean-François Roberge), c’était que tous les élèves rentrent à l’école avec un temps de fréquentation de 100 % et fournir du matériel de protection individuel pour les enseignants «, note le président du SEE. L’instance syndicale regroupe 3500 enseignants des commissions scolaires de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), des Hauts-Cantons et des Sommets (CSS).  

Ce scénario ne suscite pas l’adhésion des enseignants. Au préscolaire et au primaire, « 73 % pour cent des enseignants nous disent que ce n’est pas réaliste de faire porter des masques, des gants et du matériel de protection aux élèves «, relève M. Bergevin.   

En ce moment, les taux de fréquentation varient dans les différentes commissions scolaires; il était d’environ 67 % le 11 mai à la CSRS, mais ces pourcentages ont augmenté dans plusieurs organisations, dont la Commission scolaire des Sommets, alors que plusieurs parents ont décidé d’envoyer leur enfant après le 11 mai. 

Devrait-on faire des groupes fermés au secondaire, ce qui ferait en sorte que le même groupe d’élèves se suivrait toute la journée ? 

Quelque 86 % ont répondu oui à cette question. Environ 62 % estiment que ces élèves devraient demeurer dans un local fixe et que les enseignants devraient se déplacer dans cette classe. 

Les enseignants réclament des balises claires avec une mise en œuvre souple, ajoute M. Bergevin.

Rappelons que depuis le début des classes, aucun cas de COVID-19 n’a été rapporté dans les écoles estriennes. 

Par ailleurs, le SEE tiendra une assemblée générale, mardi, où il sera question de la relance des négociations. La convention collective du SEE, à l’instar de l’ensemble des instances dans le milieu, est venue à échéance le 31 mars dernier.