Marick Tessier et sa fille Jordanne accueillent des chiens de la Fondation Mira depuis quelques années. Les chiots arrivent chez elles à l'âge de neuf semaines et repartent vers un an pour apprendre à devenir chien-guide.

Laisser partir son chien pour Mira

Chaque année, Marick Tessier et sa famille se déchirent le coeur en laissant partir un chien appelé à devenir le soutien d'une personne handicapée. Arrivé à neuf semaines dans cette famille d'accueil, l'adorable animal quitte le foyer vers l'âge d'un an pour apprendre à devenir chien-guide Mira.
« Je dis souvent qu'on doit laisser aller le chien quand il est devenu tranquille et qu'il a fini de tout endommager dans la maison! » lance Mme Tessier en riant, lors d'un entretien accordé à La Tribune.
« C'est certain qu'on pleure quand ils partent. Mais c'est aussi pour une bonne cause. On sait qu'il fera du bien. Mais c'est aussi un peu égoïste comme geste. C'est une bonne manière d'avoir un chien. »
Marick Tessier en est à son troisième chien de race St-Pierre pour la Fondation Mira. Les trois ont été vraiment différents. « Le premier était assez énervé, se souvient-elle. Je ne pensais pas qu'il pourrait devenir chien-guide. Il avait tout démoli dans la maison. »
« Même une cassette de jeu vidéo! » échappe sa fille Jordanne.
« Et bien c'est devenu un très bon chien-guide. C'est lui qui m'a fait le plus pleurer jusqu'à maintenant », dit Mme Tessier.
Le deuxième n'a pas réussi le test. « Il n'a pas pu être chien-guide, ajoute-t-elle. Il était trop nerveux. »
« On redoute toujours l'appel de Mira qui nous dit que le chien n'a pas été retenu pour être guide. C'est très triste. On est tenté de se dire que c'est de notre faute. Mais c'est plutôt son tempérament qui ne convient pas. »
Comme l'animal n'a pas été offert à une personne handicapée, on l'a offert à la famille d'accueil. Mme Tessier mentionne qu'elle a pu trouver une cousine prête à payer les 1000 $ demandés pour pouvoir l'adopter. « Je me suis déclarée gardienne officielle lors des vacances de ma cousine », dit-elle en montrant le chien en question lors de l'entrevue pour ce reportage.
La famille héberge actuellement un jeune St-Pierre de sept mois baptisé Kaffir. L'animal commence à montrer des signes d'obéissance. « Les St-Pierre sont vraiment de bons chiens. Ils sont obéissants et affectueux. »
Après lui, un quatrième chien prendra sa place? « Il va falloir que mon employeur accepte encore que je puisse amener le chien au travail », répond cette directrice de l'Association des personnes handicapées de la MRC de Coaticook.
« Il faut être en mesure de le garder le plus possible avec nous. Le laisser seul le moins souvent. »
La famille d'accueil est bénévole. La nourriture et les services vétérinaires sont assurés par le Fondation Mira.
On doit s'assurer de montrer les bonnes manières aux chiens, comme de ne pas monter sur les divans et les lits. Lors des transports en voiture, ils doivent demeurer couchés au tapis sans s'assoir sur les sièges », énumère Mme Tessier.
Deux ans d'attente
Ne devient pas famille d'accueil qui veut. De nombreux critères doivent être respectés pour prendre chez soi un chien devant devenir les yeux d'une personne souffrant de troubles de la vue. Les informations figurent sur le site web de la fondation.
C'est justement l'internet et les réseaux sociaux en particulier qui ont changé la façon de faire dans le recrutement de foyers pour héberger les chiens de Mira, mentionne Line St-Amour, de la fondation. On doit attendre jusqu'à deux ans pour en accueillir un.
« Avant, nous devions faire de la publicité à la radio et les journaux pour recruter des familles d'accueil. Nous en manquions régulièrement. »
« Maintenant, la situation est inverse. Les réseaux sociaux ont tout changé. Les gens diffusent l'information, créent des groupes. Quand ils voient ce que les familles font avec les chiens, tout le monde en veut! »