La Ville compte actuellement 8 foyers d’infestation à l’agrile du frêne concentrés dans le district du Carrefour.

L’agrile du frêne atteint 765 arbres

La lutte contre l’agrile du frêne prend forme à Sherbrooke avec des dépenses anticipées de 400 000 $ cette année. Si les élus avaient budgété 185 000 $ en décembre dernier, ils ont approuvé des transferts de fonds de 115 000 $ et une nouvelle contribution de 100 000 $ pour limiter les ravages de cet insecte. Ils ont aussi adopté un assouplissement à leur règlement.

« Notre demande budgétaire était de 439 000 $ en septembre. Elle n’avait pas été accordée en entier parce que l’agrile du frêne n’avait pas été confirmé à Sherbrooke. On nous avait dit qu’une fois que ce serait confirmé, il faudrait revenir au conseil », indique Guylaine Boutin, directrice du Service de l’entretien et de la voirie.

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Mme Boutin estime qu’il faudra 5,7 M$ en dix ans pour mettre en place le plan d’action pour les frênes publics et l’aide aux citoyens.

Un montant résiduel de 115 000 $ pour les nouveaux parcs sera donc transféré dans le budget de la lutte à l’agrile du frêne. La somme manquante sera puisée à même les surplus de la Ville.

Actuellement, la Ville compte 8 foyers d’infestation concentrés dans le district du Carrefour. « Ce sont 765 frênes privés qui sont touchés. Le boisé de l’hôtel Le Président, le long de l’autoroute 410, compte environ 200 frênes. À peu près 20 % des arbres touchés seront traités. Ça peut sembler peu, mais il faut un diamètre minimal pour traiter et dans ce secteur, les arbres sont plutôt jeunes. C’est donc tout à fait normal. »

La Ville vise elle aussi à traiter 20 % des arbres qui lui appartiennent.

Dissidences

Le conseiller Vincent Boutin a inscrit sa dissidence pour l’injection de 100 000 $ supplémentaires. « Quand il y a eu le gel de taxes, j’ai dit que je ne souhaitais pas qu’on ramène les dossiers à la pièce comme nous l’avons fait il y a quelques semaines en octroyant 75 000 $ à la Fête du lac des Nations. J’aurais aimé qu’on assume nos responsabilités, quitte à ne pas faire de gel. »  

Évelyne Beaudin a inscrit sa dissidence pour les mêmes raisons. « Il ne faut pas que le gel de taxes se fasse au détriment des parcs. »

Nicole Bergeron a dit comprendre le point de vue de ses collègues. « Il arrive que nous soyons obligés de prendre un peu de recul pour mieux avancer et rétablir des décisions prises à la hâte. Lors de la présentation du dossier, nous avions établi que nous ajouterions de l’argent quand l’infestation serait confirmée. »

Le maire Steve Lussier a confirmé que les 100 000 $ ont été pigés à même les surplus accumulés de la Ville. Il rapporte que ça ne signifie pas pour autant que les citoyens devront assumer une hausse de taxes plus importante que l’inflation. « À l’UMQ, nous nous sommes rassemblés pour trouver de nouvelles méthodes d’aller chercher de l’argent. [...] Oui, Steve Lussier a une nouvelle méthode qu’il proposera bientôt. On espère que ça peut marcher. Pour l’instant je ne peux pas en parler. »

Plantation par anticipation

La Ville procède à une plantation par anticipation pour permettre à de nouveaux arbres de pousser à côté des frênes et éventuellement les remplacer. Elle avait aussi organisé samedi dernier une distribution d’arbres pour les citoyens touchés par l’agrile du frêne. Sur les 500 plants réservés, seulement 74 ont trouvé preneur auprès de 17 propriétaires. En tout, 166 propriétaires sont touchés.

Enfin, les propriétaires de frênes peuvent désormais obtenir un certificat d’abattage si l’arbre ralentit la croissance d’un arbre d’une autre essence ou s’ils s’engagent à remplacer l’arbre dans l’année qui suit.

Ceux possédant plus de dix frênes devront par ailleurs déposer un plan de gestion de frênes dans les soixante jours suivant la réception d’un avis de la Ville. Le plan en question pourra étaler ses actions sur une période de dix ans si les efforts sont répartis proportionnellement.