Aéroport de Sherbrooke
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L’Aéroport de Sherbrooke ouvert à une coop aérienne

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — L’Aéroport de Sherbrooke se montre ouvert à collaborer avec la coopérative de transport aérien Treq, qui a manifesté le souhait d’offrir des liaisons commerciales entre les régions du Québec, notamment avec un vol Sherbrooke-Montréal. Si le projet de la coopérative se réalise, tout indique qu’il serait complémentaire au projet de liaison commerciale déjà à l’étude à Sherbrooke.

Sur le site internet de Treq, qui compte utiliser des appareils Bombardier Q400, plusieurs villes, dont Sherbrooke, Québec, Saguenay et Gatineau, sont citées pour une desserte. Le prix pour un aller-retour Sherbrooke-Montréal pourrait varier de 199 à 276 $ selon la saison. 

Le directeur général de l’aéroport de Sherbrooke, Jean-François Ouellet, confirme avoir eu des discussions avec les fondateurs de Treq, Serge Larivière et Éric Larouche. À première vue, ce projet ne pourrait pas remplir tous les critères pour une desserte aérienne qui conviendra à l’ensemble des besoins des Sherbrookois, mais il pourrait constituer un atout complémentaire.

Rappelons que Sherbrooke avait lancé un appel de propositions qui avait reçu deux propositions, celles de Chrono Aviation et d’Air Creebec, qui ne répondaient pas aux critères d’admissibilité. Il n’était toutefois pas exclu d’entamer des négociations de gré à gré pour adapter les propositions de ces compagnies. Chrono Aviation avait d’ailleurs manifesté son intérêt à poursuivre les pourparlers.

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« L’arrivée de Treq ne brouille pas les cartes. Ce sera seulement une offre de plus pour nous et la population d’avoir un projet comme celui-là qui s’ajouterait. Ça pourrait permettre de voyager à travers le Québec, ce qui est drôlement intéressant », explique M. Ouellet. 

Avant qu’Air Canada se retire des régions, il était possible de passer facilement d’une région à l’autre en faisant affaires avec une seule compagnie. Un joueur qui offrirait un service semblable serait bienvenu, selon M. Ouellet. Mais l’objectif à Sherbrooke sera d’abord d’offrir un transport sécurisé vers Montréal pour ensuite connecter directement vers des dizaines, voire des centaines de destinations domestiques et internationales. 

« Il faudrait que les projets soient complémentaires, parce que nous voulons connecter Sherbrooke sur le monde en passant par Montréal. À moins que Treq conclue une entente avec d’autres compagnies pour offrir d’autres segments à partir de Montréal, ça ne pourrait pas être la seule compagnie à Sherbrooke. »

Jean-François Ouellet n’ose pas s’avancer sur l’impact de la présence de deux ou plusieurs compagnies sur le prix des billets que devraient payer les consommateurs. 

Parallèlement, une régie intermunicipale de transport aérien, Régionair, pourrait aussi voir le jour en s’alliant à une compagnie aérienne qui couvrirait l’ensemble des régions du Québec. La régie verrait à noliser la desserte aérienne, qui devrait obligatoirement s’arrimer aux autres transporteurs à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Des appareils de 18 et de 40 places seraient considérés. 

Jean-François Ouellet n’a pas offert de commentaires sur le projet Régionair. 

Le directeur général de l’aéroport avoue par ailleurs l’évidence : la pandémie de COVID-19 vient freiner l’élan de Sherbrooke dans ses démarches pour établir un partenariat avec un transporteur commercial. « La pandémie touche l’ensemble du transport aérien. Nous avons mis les discussions sur pause, mais les compagnies qui se montraient intéressées n’ont pas abandonné. Nous nous donnons jusqu’en septembre pour voir ce qui arrivera et nous reprendrons les pourparlers à ce moment-là. Nous attendrons aussi de savoir si le gouvernement propose des solutions à court terme. »

L’idée d’une compagnie nationale pour offrir des services à travers le Québec aurait été évoquée également.

« Nous gardons espoir pour la reprise. Nous restons convaincus que notre communauté d’affaires et le monde du tourisme ont besoin de se connecter sur le monde. Quand les activités reprendront, nous serons prêts. »