L'acte de vandalisme inspire David James

L'artiste David James a été touché par le sort de son oeuvre Ciel et Terre, dont une partie s'est retrouvée dans la rivière Magog la semaine dernière. Ébranlé au début, il voit maintenant l'incident comme une source d'inspiration qui pourrait être bénéfique à Sherbrooke.
Lorsqu'il a appris la nouvelle, David James s'est d'abord inquiété de savoir qu'aucune personne n'avait été blessée lors du repêchage de la sphère, puis des dommages à son oeuvre.
Rappelons que la partie sphérique de l'oeuvre Ciel et Terre a été jetée dans la rivière Magog et sa base poussée au sol, dans la nuit de vendredi à samedi dernier.
« Je suis étonné et déçu que ça arrive, mais je ne veux pas rester sur cette émotion trop longtemps. Cet incident est l'occasion de considérer la place de l'art publique dans notre ville », souligne-t-il.
Pour lui, cet acte en était un de curiosité. Les gens ont voulu voir ce qui se passerait lorsqu'ils lanceraient la sphère à l'eau. Et ce questionnement, il l'a déjà eu.
« J'ai créé une pièce, une sphère, qui s'appelle Ariel, dont l'inspiration vient des esprits du vent de la pièce Tempest de Shakespeare. Quand on met Ariel sur l'eau, elle flotte avec le souffle du vent. J'ai eu une inspiration d'une sphère en connexion sur l'eau, comme les gens ont fait avec mon oeuvre. » L'artiste prévoit d'ailleurs poursuivre le projet avec des sphères de plus en plus grosses, allant possiblement jusqu'à 20 pieds de diamètre.
Toujours très positif, David James pense que la ville pourrait retourner cet événement à son avantage. Selon lui, un concours devrait être mis sur pied afin de créer une sculpture flottante sur le lac des Nations, qui deviendrait un emblème sherbrookois.
La directrice générale du Musée des beaux-arts, Cécile Gingras, et l'artiste évaluent actuellement les possibilités quant à la réexposition de l'oeuvre. Ils n'excluent pas l'idée de remettre la sphère abîmée sur sa base le temps qu'une autre soit créée. Par la suite, David James conservera probablement la boule d'acier inoxydable bosselée chez lui, comme un souvenir, confie-t-il.
Pas plus de sécurité
Cécile Gélinas a quant à elle été surprise de la quantité de messages de sympathie et d'incompréhension reçus concernant l'acte de vandalisme. « On avait vraiment l'impression d'un deuil », estime-t-elle.
Elle ne pense toutefois que le geste a été planifié, l'impulsion du moment en étant probablement la cause. En ce sens, elle ne prévoit pas augmenter la sécurité de l'établissement, qui remplit déjà tous les critères en la matière.
« Je fais plus confiance à la population en me disant que s'ils sont sensibilisés à l'art public, ça nous donne quoi d'avoir une caméra? Je pense que c'est une question d'éducation et la réaction des gens devant cet incident me dit que les gens de Sherbrooke sont éduqués. Comment ils ont été sensibilisés et choqués du geste, lorsqu'ils se promèneront et verront quelqu'un en train d'essayer de vandaliser une oeuvre d'art, ils vont réagir », espère-t-elle.
Pour l'instant, il n'y a pas de développement dans l'enquête visant à retrouver les auteurs de ce geste.