Mohamed Golli croit que la participation de l'Association culturelle islamique de l'Estrie serait une grande valeur ajoutée aux consultations annoncées par la ministre de l'Immigration.

L'ACIE veut se faire entendre sur la discrimination et le racisme

L'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE) entend bien faire partie des acteurs consultés par le gouvernement lors de la vaste consultation sur la discrimination systémique et le racisme qui se mettra en branle en septembre.
« Le choix des acteurs est déterminant pour la réussite de la consultation, estime Mohamed Golli, président et porte-parole de l'ACIE. On considère que notre participation serait une grande valeur ajoutée considérant que la région de Sherbrooke est pionnière à plusieurs niveaux. »
Les consultations annoncées par la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, seront pilotées par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJQ), avec l'objectif de « proposer des solutions concrètes et durables (...) pour combattre ces problématiques ».
Il est important selon M. Golli que des organismes des régions aient un droit de parole.
« Il faut admettre, c'est en région qu'il y a plus de résistance, souligne-t-il. Mais la région de Montréal par exemple n'est pas représentative parce que le poids des immigrants est très important. »
« Une autre inquiétude pour moi, c'est qu'on implique des gens qui sont à la source du problème, poursuit M. Golli. Tout le monde pointe l'aide sociale comme un facteur qui prône le laisser-aller par exemple. C'est le genre de programme sur lequel le gouvernement devra faire une grande réflexion parce qu'il favorise l'exclusion des immigrants. Il y a des gens dans la communauté qui pensent qu'ils n'ont pas besoin de travailler. Et c'est simple, les gens qui ne travaillent pas, ne s'intègrent pas. »
Le président de l'ACIE questionne également que ce soit la ministre de l'Immigration qui ait fait l'annonce de la consultation.
« Comme si cette consultation ne concernait que l'immigration, lance-t-il. La discrimination n'est pas limitée aux minorités immigrantes. Les Autochtones et la communauté LGBTQ par exemple subissent également de la discrimination. Ces acteurs-là doivent également être retenus et pris en considération. »
« C'est comme si on plaçait déjà cette consultation dans une direction pour obtenir des résultats prédéfinis. »
Cimetière en fiducie
M. Golli note par ailleurs que le dossier du cimetière pour la communauté de Sherbrooke avance bien depuis l'intervention du conseiller du district d'Ascot, Robert Pouliot.
« On a plusieurs options et on est en train de visiter plusieurs terrains. On fait aussi affaire avec un urbaniste pour nous aider. »
La communauté souhaite avoir un cimetière en fiducie.
« Le cimetière serait alors la propriété de toute la communauté musulmane, explique M. Golli. Le problème avec les cimetières multiconfessionnel, c'est que le bail se limite à 99 ans. Après cette période, les gestionnaires du cimetière peuvent nous demander de déplacer nos dépouilles parce qu'un projet immobilier veut prendre forme. Le règlement 1273 du Code civil du Québec permet aux fiducies d'organismes à vocation sociale de ne pas être limitées à 99 ans. »
M. Golli rappelle que l'idée d'avoir un cimetière pour la communauté musulmane ne date pas d'hier. Des démarches sont en cours depuis 1993.