La qualité de l’eau au lac des Nations s’est améliorée en 2017, si bien que l’École de ski nautique n’a interrompu ses activités que sept fois.

Lac des Nations : une pente à remonter pour l'École de ski nautique

Les efforts pour améliorer la qualité de l’eau au lac des Nations semblent avoir porté ses fruits, si on en croit le nombre de jours de suspension des activités de ski nautique en 2017. Celui-ci est trois fois moins élevé que l’année précédente. La côte demeure toutefois importante à remonter pour l’École de ski nautique Jean-Perrault, qui a perdu la majorité de ses membres l’an dernier.

En 2017, la cote de contamination D et les fortes pluies ont forcé l’interruption du ski nautique pendant sept jours, contre 21 jours en 2016. « En 2016, quand il a été question de mettre en place un système de fermeture préventive, nous n’étions pas nécessairement heureux, mais comme il était important de protéger la santé de nos utilisateurs, nous avons accepté de participer. La saison a été difficile. Souvent, nous recevions les résultats de l’analyse de l’eau à la dernière minute alors que nos employés étaient déjà sur place. La majorité de nos membres n’est pas revenue en 2017 », raconte Antoine Larkin-Turgeon, président de l’École de ski nautique Jean-Perrault.

M. Larkin-Turgeon parle de 10 % de rétention en 2017. De 150 membres en 2015, l’école est passée à environ 80 membres en 2016 et à une cinquantaine en 2017.

« En 2017, nous avions une côte à remonter et nous espérons que la qualité de l’eau sera encore meilleure pour célébrer notre 50e anniversaire en 2018. Nous n’avons pas eu connaissance de maladies ou de gastros chez les skieurs depuis que je travaille ici, soit environ 15 ans. »

Les fermetures ponctuelles empêchent par ailleurs la tenue de compétitions majeures. « S’il pleut, on devrait annuler des compétitions alors que des gens viendraient de loin pour y participer. On ne peut pas penser à tenir un championnat canadien par exemple. »

Nouvelles encourageantes

Les nouvelles sont néanmoins encourageantes en raison du partenariat intervenu entre l’école de ski nautique, la Ville de Sherbrooke, la Direction de la santé publique de l’Estrie et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Un suivi élaboré de la qualité de l’eau a été instauré en 2016 et plusieurs correctifs ont été apportés au réseau d’égout en 2017 pour éviter les déversements en amont du lac.

« Dans ce dossier, notre travail était de protéger la santé des gens. Il fallait établir le seuil à partir duquel il faudrait suspendre les activités. Nous avons utilisé le même seuil de contamination que pour la baignade, parce que nous avons déterminé que 90 % des skieurs tombent dans l’eau à un moment ou à un autre et que le tiers avale de l’eau. Nous n’avons pas eu de skieur assez malade pour qu’il y ait une déclaration de maladie à la Santé publique. Pour nous, en santé publique, c’est exceptionnel le dossier dont on parle, parce que la surveillance de la qualité de l’eau récréative n’est pas une obligation de Québec », explique Isabelle Samson, spécialiste en santé publique et médecine préventive à la Direction de la santé publique de l’Estrie.

Mme Samson admet que la suite logique pourrait être de permettre la baignade dans le lac des Nations, mais précise qu’elle attendrait une année ou deux pour voir le comportement du lac.

« En 2018, la Ville poursuit ses efforts de recherche de contaminants autour et en amont du lac des Nations. Ce succès demeure fragile et la vigilance est de mise pour les années futures », dit Karine Godbout, présidente du comité de l’environnement à la Ville de Sherbrooke.
Mme Godbout ne ferme pas la porte aux discussions qui pourraient permettre la baignade dans le lac dans quelques années.

Idem pour le maire Steve Lussier, qui confirme qu’il ne s’agit toutefois pas d’un projet sur la table à dessin pour le moment.

Dre Isabelle Samson