La candidate de Québec Solidaire Christine Labrie était entourée de Brigitte Campeau et de Maxime-Édouard Crête pour annoncer son soutien à la création d’un centre de crise en santé mentale en Estrie.

Labrie veut créer un centre de crise

La candidate de Québec solidaire dans Sherbrooke, Christine Labrie, promet d’offrir son soutien à un projet de centre de crise en santé mentale en Estrie si elle est élue. Elle ne promet toutefois pas un investissement spécifique pour la concrétisation du projet.

En point de presse mardi, accompagnée entre autres de Brigitte Campeau, directrice générale de La Cordée, une ressource alternative en santé mentale, Mme Labrie a qualifié la santé mentale d’enjeu majeur dans la campagne électorale, un enjeu qu’elle compare à celui de l’environnement.

« Les services ne sont pas au rendez-vous en ce moment. Les délais pour voir un psychologue au CLSC sont extrêmement longs. Les intervenantes au 8-1-1 sont chronométrées quand elles répondent aux questions des gens. Le Service de police lui-même dénonce qu’il manque de ressources et d’effectifs et que le nombre de personnes en crise a augmenté dans les dernières années. Sherbrooke est une des seules grandes villes au Québec à ne pas avoir de centre de crise, donc une personne en crise doit se rendre aux urgences », résume Christine Labrie.

Selon elle, les acteurs du milieu montent un projet de centre de crise communautaire depuis 20 ans, mais n’ont jamais eu l’appui nécessaire. « On a besoin d’un lieu chaleureux où les gens pourront se rendre pour recevoir des soins. »

Québec Solidaire propose par ailleurs d’élargir un projet-pilote en psychothérapie réalisé dans Chaudière-Appalaches à l’ensemble du Québec en ajoutant 250 M$ aux 35 M$ actuels et d’investir 260 M$ supplémentaires pour soutenir les organismes communautaires.

« Nouveau projet »

Brigitte Campeau explique que le projet de centre de crise est porté par le Regroupement des ressources communautaires en santé mentale de l’Estrie. « Un centre de crise est un milieu sécurisant qui permet, avec des intervenants spécialisés, de désamorcer une crise. Le séjour n’est pas long, soit maximum six semaines, mais il vise à faire en sorte que la personne puisse reprendre du pouvoir sur elle-même et retourner dans son milieu de vie avec un suivi. Actuellement, le suivi n’est pas toujours possible dans le milieu de vie après l’hospitalisation. Il s’agit d’un moyen de désengorger les urgences. »

Un centre de crise serait ouvert 24 heures par jour, sept jours par semaine, et compterait un maximum de neuf lits. Il pourrait coûter entre 500 000 $ et 1 M$ selon Mme Campeau. En mai, La Tribune rapportait le souhait de l’organisme JEVI de disposer d’un centre de crise. Un projet déposé en 2014 avait été évalué à 882 950 $.

« Une mise à jour s’impose et nous souhaitons déposer un nouveau projet sous peu », ajoute Mme Campeau, qui déplore que les heures d’ouverture de La Cordée aient dû être réduites dans les dernières années.

« Tout le monde est susceptible de vivre une situation de crise. Je ferai des pressions auprès du gouvernement pour que ce centre de crise voie enfin le jour. À tout bout de champ, quand il y a des réformes dans le système de santé, le dossier tombe entre deux craques et il est oublié », ajoute Christine Labrie.

Mme Labrie dit avoir entendu parler de santé mentale pendant toute la campagne, notamment de l’épuisement des travailleurs.