L’UdeS a lancé une stratégie de mobilité durable à la fin 2018. Même si elle a mis plusieurs initiatives en place au fil des ans, ses stationnements connaissent une pression considérable.

La voiture a encore la cote à l’UdeS

Près de 50 % des étudiants à temps plein des campus sherbrookois de l’UdeS prennent l’autobus plus de cinq fois par semaine pour s’y rendre, révèle une étude commandée et financée par la Société de transport de Sherbrooke (STS). Cependant, malgré le programme de libre accès au transport en commun, 29 % des étudiants possèdent un permis de stationnement.

De ce nombre, certains titulaires ont un « fort potentiel d’utilisation du transport en commun ». « C’est pour ces gens que nous souhaitons concentrer nos efforts », note René Alarie, directeur général du service des immeubles de l’UdeS.

Les responsables de l’étude, menée en collaboration avec l’UdeS, ont demandé aux étudiants, sur une échelle de 1 à 10, quel était leur degré de satisfaction : la réponse est de 7 sur 10, précise le professeur Jean-François Guertin de l’École de gestion. Il dit trouver encourageant la proportion d’étudiants qui prennent l’autobus plus de cinq fois par semaine.

L’institution a lancé le programme de libre accès en 2004. Depuis 2010, elle demande une contribution d’un peu plus de 32 $ par trimestre pour ce service. Le programme lui coûte environ 2 M$ annuellement.

Directeur général du Regroupement des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat (REMDUS), Willliam Leclerc-Bellavance émet quelques nuances. Certaines catégories ont amené des degrés de satisfaction moins élevés, soit de 4 ou 5 sur 10, énumère-t-il.

« L’important, c’est de travailler sur les éléments qui font moins plaisir », souligne-t-il en rappelant que l’entente de libre accès entre l’UdeS et la STS vient à échéance en 2019. Ces aspects pourraient donc faire l’objet de négociation entre les parties.

Dans son communiqué, l’UdeS indique que les facteurs d’insatisfaction sont les horaires, la ponctualité et les fréquences de passage.

« On prend bonne note de ça. On veut pousser plus loin; on va faire une analyse plus pointue », commente pour sa part Louis-André Neault, directeur du marketing, qualité de services et partenariats à la STS. La STS pourrait par exemple tenter de voir si l’accès au transport est plus problématique pour certaines facultés.

Le sondage montre que 22 % des étudiants n’utilisent que la voiture et une proportion de 13 % d’étudiants à temps plein marchent ou utilisent leur vélo.

Régime coopératif

Aux yeux de Jean-François Guertin, l’importance du système coopératif peut influencer le comportement des étudiants. Le programme coopératif permet aux étudiants d’alterner entre les études et les stages. « Plus on avance dans le programme et plus les étudiants ont besoin d’une voiture », souligne-t-il. Il cite aussi le fait qu’environ 75 % des étudiants proviennent de l’extérieur.

Un total de 3176 étudiants ont répondu aux questions, sur un potentiel de 15 789. Le sondage comporte une marge d’erreur de 2 %. Le coup de sonde a été mené avant que la STS ne bonifie la ligne 8 au début de l’année, soit l’un des circuits les plus utilisés par les étudiants.

L’équipe de M. Guertin sondera le personnel de l’UdeS à Sherbrooke à la fin avril afin de dresser un portrait détaillé des habitudes de mobilité et d’adapter, au besoin, le programme incitatif de transport en commun pour le personnel.

Rappelons que l’institution a lancé un programme en début d’année pour inciter ses employés à délaisser leur véhicule afin de prendre le transport en commun. Environ 180 employés y ont adhéré. Depuis le début de cette mesure, environ 30 employés ont remis leur vignette de stationnement, selon M. Alarie. Les employés à temps plein peuvent notamment obtenir un titre mensuel d’abonnement au transport en commun à seulement 16 $, valide en tout temps et sur tous les circuits. En comparaison, un autre utilisateur de la STS paie son laissez-passer mensuel régulier 79,20 $.

Alors qu’environ 1,5 % des employés utilisent le transport en commun, l’institution souhaite que ce chiffre grimpe à 5 % d’ici trois ans. L’UdeS aimerait récupérer 300 espaces de stationnement.

L’institution a lancé une stratégie de mobilité durable à la fin 2018. Même si elle a mis plusieurs initiatives en place au fil des ans, ses stationnements connaissent une pression considérable. Il existe plus de permis de stationnement que de places, puisque les automobilistes ne sont pas tous là en même temps, note René Alarie. Les automobilistes qui détiennent une vignette jaune n’ont pas de garantie d’avoir une place. La vignette verte, plus coûteuse, offre la garantie d’avoir une place, mais des gens se retrouvent sur une liste d’attente pour pouvoir l’acheter.

Par ailleurs, la STS a démontré un intérêt pour ajouter des abris à vélos à ses stations. L’intérêt est là, mais l’organisation doit notamment voir quelles subventions pourraient être disponibles, note M. Neault.