La Ville de Sherbrooke déposera une demande de subvention pour un projet de passerelle cyclable de 3 M$ à Brompton.
La Ville de Sherbrooke déposera une demande de subvention pour un projet de passerelle cyclable de 3 M$ à Brompton.

La Ville veut une passerelle cyclable à Brompton

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke déposera une demande de subvention pour la construction au coût de 3 M$ d’une passerelle cyclable le long du pont Monseigneur-Albert-Gravel, dans le district de Brompton, et cherchera aussi une aide financière pour remettre en état un tronçon de la Route verte dans le même secteur.

En ce qui concerne la Route verte, un investissement total de 500 000 $ serait nécessaire entre le parc de la Kruger et les limites de la ville de Sherbrooke.

Quatre élus se sont montrés inconfortables avec ces demandes de subvention, reconnaissant l’importance de maintenir les infrastructures de la Route verte, mais jugeant trop importants les investissements nécessaires pour une passerelle cyclable. Il s’agit de Pierre Avard, Paul Gingues, Annie Godbout et Pierre Tremblay. 

Selon Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Vélo-Québec a retiré l’appellation de Route verte pour un tronçon situé entre Brompton et Windsor parce qu’il doit être remis aux normes.

« Nous voulons aussi la permission de déposer un projet pour l’ajout d’une passerelle le long du pont Albert-Gravel. Depuis plus d’un an, nous avons des rencontres avec Kruger pour modifier le tracé de la piste cyclable qui a été arrêtée par l’agrandissement de l’usine. Il y a encore des projets d’agrandissement qui ne sont pas définis. Ils pensent utiliser l’espace qu’ils ont pour des besoins futurs. Nous recommandons donc un nouveau tracé qui passerait par le centre-ville de Brompton. Depuis le début des travaux de Kruger, c’est exactement ce qui se passe, mais le pont est étroit et n’est pas conçu pour le passage des cyclistes. »

Pour les deux projets, les subventions pourraient atteindre 50 % du budget. Une demande doit être déposée au plus tard le 4 septembre pour être admissible. « Nous ne serons pas obligés de réaliser le projet si nous recevons la subvention. Il nous faudra d’abord l’inscrire au budget d’immobilisation 2021. » Mme Gravel ajoute que pour la construction d’une passerelle adjacente au pont Joffre, il a fallu un an et demi avant d’avoir la subvention. « Il est donc possible que la passerelle de Brompton ne soit prévue qu’en 2022. »

Annie Godbout a été la première à enregistrer sa dissidence. « J’aurais aimé qu’on scinde le projet en deux. Il m’apparaît important de faire les ajustements à la piste cyclable pour qu’on garde le statut de Route verte. Là où j’ai un malaise, c’est qu’on ait à payer pour la passerelle. À mon avis, ce n’est pas aux Sherbrookois à payer. Nous devons travailler pour avoir exactement le même investissement qu’à Saint-Élie (pour une passerelle cyclable) du ministère des Transports. Pour moi, le MTQ devrait payer 100 % de la passerelle. »

Mme Godbout a rappelé que les élus avaient déjà dépassé de 2,7 M$ les dépenses en immobilisations projetées pour 2020. 

Pierre Tremblay préférerait que les 1,5 M$ que devrait investir la Ville servent à des trottoirs à proximité des écoles. 

Pierre Avard partage les commentaires d’Annie Godbout et suggère que le ministère des Transports paie la passerelle. « Avec ce montant, on peut faire beaucoup de routes et de trottoirs. »

Paul Gingues est d’accord pour améliorer la Route verte. « Pour ma part, ce qui presse, c’est de ne pas engager d’autres sommes cette année, qui est une année difficile, où on devra faire des sacrifices. On devra faire un budget qui fera le moins mal possible. Je demande au gouvernement provincial de nous donner du lest, de mettre ça sur le rond arrière de la cuisinière, sans nous pénaliser. On a un budget à boucler. Ce sera très difficile. Ce serait très mal perçu des Sherbrookois qu’on s’engage dans un projet comme ça cette année. »

Nicole Bergeron et Caroline Gravel ont rappelé que les dépenses ne surviendraient assurément pas avant 2021.

Marc Denault a prévenu qu’il fallait être prudent dans les négociations avec le MTQ pour éviter de se voir confier de plus grandes responsabilités dans l’entretien des ponts.

Caroline Gravel précise que le MTQ n’entretient pas les passerelles cyclables, mais qu’il garde la responsabilité du pont destiné aux autres véhicules. 

Pour Évelyne Beaudin, il est important d’envoyer le message que cet investissement ne signifie pas une diminution des sommes injectées dans le réseau cyclable pour les années à venir. « Ce sera un bel ajout pour les commerçants de Brompton. » 

Le maire Steve Lussier a indiqué qu’il interpellerait les députés régionaux dès lundi après-midi pour obtenir une rencontre concernant ces liens cyclables. « Je veux rassurer les gens : le pont Bernier restera ouvert pour les motoneiges », a-t-il aussi précisé. 

Il mentionne qu’une demande de subvention n’est pas un engagement à dépenser de l’argent et que le dossier devra être étudié lors de l’élaboration du budget 2021.