L’idée d’empêcher les municipalités de légiférer contre les hébergements de type AirBnB ne plaît pas aux élus sherbrookois.
L’idée d’empêcher les municipalités de légiférer contre les hébergements de type AirBnB ne plaît pas aux élus sherbrookois.

La Ville veut garder son droit d’encadrer les locations de type AirBnB

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke dénonce l’article 81 du projet de loi 67, qui vise entre autres l’encadrement des établissements d’hébergement touristique. Cet article, selon les élus, retirerait à la Ville le droit d’interdire les locations de type AirBnB sur son territoire, une violation de l’autonomie municipale, disent-ils.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité mardi, le conseil qualifie d’« affront » l’article en question et se prononce en appui à la Fédération québécoise des municipalités.  

Le maire Steve Lussier veut que Sherbrooke puisse choisir les secteurs où la location comme AirBnB est permise. « Oui on peut changer la loi, mais ça doit se faire en collaboration avec les villes. Il y a des problèmes dans certains secteurs. On a commencé à structurer l’encadrement parce que des gens achetaient des condos et les louaient à l’année. On doit pouvoir garder notre rôle de gouvernement de proximité. »

Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, y voit une répétition d’une tentative d’ingérence du gouvernement du Québec. « Il y a un an ou deux, il y a eu une tentative d’ajouter une disposition pour enlever le droit de légiférer sur les hébergements à court terme. C’est pourtant une question d’autonomie municipale. On a revendiqué nos droits et on a obtenu gain de cause. Lorsqu’un hôtel veut s’installer, c’est au zonage qu’on peut décider. AirBnB n’est pas près de s’en aller, mais on veut contrôler le développement de notre territoire. »

Marc Denault, lui, a rappelé que le milieu hôtelier réclame des interventions depuis 2015. « Malgré la règlementation qu’on a mise en place, plusieurs ont investi dans ce genre d’entreprise. Certains achètent des maisons pour les louer à l’année. Dans le secteur de la rue Beckett, on peut louer une chambre pour 27 $. Pendant la pandémie, le premier ministre Legault avait interdit ce genre d’activité et on trouvait des activités de ce genre quand même à Sherbrooke. On voyait des plaques d’immatriculation du New Hampshire ou de la Floride. Une ouverture du gouvernement pour ouvrir ce marché serait une nuisance immense. »

Enfin, Évelyne Beaudin a aussi dénoncé que le gouvernement du Québec cherche à retirer un pouvoir aux municipalités. Elle souhaite néanmoins que la Ville se dote d’une vision claire sur l’hébergement à court terme. « J’ai l’impression qu’on cherche à l’éliminer plutôt que de l’encadrer », dit-elle.

Parmi les orientations que la Ville pourrait se donner, selon elle: éviter la compétition déloyale avec les établissements d’hébergement, l’obligation d’avoir un permis pour éviter les problèmes de nuisance et trouver des moyens d’éviter la spéculation immobilière.

« Il faudra faire l’exercice en collaboration avec nos organismes de développement économique et en consultant la population pour voir ce qu’elle souhaite voir se développer. »