Stéphane Simoneau, chef du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke.

La Ville veut être compensée pour son service de premiers répondants

Sherbrooke est l’une des trois seules villes du Québec à offrir le service de premiers répondants par l’entremise de son Service de protection contre les incendies (SPCIS). Contrairement à Montréal, elle ne reçoit aucune compensation financière pour ce travail. Les élus municipaux proposent des pressions par l’entremise de l’Union des municipalités du Québec.

Le directeur du SPCIS, Stéphane Simoneau, profitait du dépôt du bilan des activités de son service pour révéler que près de 2500 interventions, annuellement, concernent le service de premiers répondants. « Les appels médicaux représentent près de la moitié des appels totaux. »

« Ça fait trois ans qu’on travaille le dossier. Dans la chaîne des intervenants d’urgence médicale, l’apport des premiers répondants apporte des bénéfices considérables à la survie des patients parce qu’ils ont été pris en charge plus rapidement. Aucune somme n’est réservée aux premiers répondants pour assurer la continuité des opérations. C’est une responsabilité qui relève de la Santé, mais qui est prise en charge par la municipalité. Ce serait un juste retour des choses d’avoir un retour sur notre investissement. Avec la Ville de Lévis, nous attendons de présenter nos doléances au gouvernement du Québec. Montréal est rémunérée pour ce service », dit M. Simoneau.

Stéphane Simoneau souligne l’usure aux autopompes pour des interventions dans le domaine de la santé. « Il faut donc calculer 125 $ de dépenses par appel médical, sans compter le coût du personnel. L’organisme auquel ça profite n’a pas de coût associé. En intégrant un coût par appel, on soulèverait une préoccupation devant le nombre d’appels grandissant. »

Le conseiller Rémi Demers y voit un « beau dossier pour l’UMQ par souci d’équité ».

Son collègue Marc Denault abondait dans le même sens. « Nous devrions peut-être adresser une résolution au ministère de la Sécurité publique. Combien de personnes n’ont pas besoin d’aller au centre hospitalier grâce à ce service? »

La présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, estime que l’UMQ sera le véhicule le plus important pour faire avancer le dossier auprès de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. « Nous n’arrêterons pas d’offrir le service parce que nous sommes en manque de 125 $ par appel. »

Par ailleurs, Stéphane Simoneau a mentionné que les incendies ne sont pas les causes principales d’intervention de son service. En moyenne, on compte 249 interventions annuellement pour des feux. Ceux-ci sont principalement induits par des appareils de cuisson et des articles de fumeurs. « C’est clairement la plus petite partie de nos interventions. La sécurité civile prend pour sa part de plus en plus de place dans nos interventions. »

La sécurité civile concerne les catastrophes naturelles, le verglas, les tornades, les inondations ou les glissements de terrain par exemple.

En 2017, cinq de ces événements ont été recensés, soit une pénurie d’eau, un mouvement de sol et trois inondations. « Ce sont des situations qui touchent toute la population. C’est très préoccupant. Tantôt, le défi des villes sera exponentiel avec des capacités financières qui ne suivront pas. Avec les changements climatiques, ça ira en augmentant. » L’idée de confier la gestion des risques au SPCIS, souligne M. Simoneau, donne toutefois une longueur d’avance à la Ville de Sherbrooke.

Les événements spéciaux, comme les salons et festivals, amènent aussi des demandes plus importantes avec les années. Le nombre d’heures qui y sont consacrées, à 196 en 2014, atteignent 739 en 2017.

Enfin, si le temps d’intervention moyen du SPCIS est de 5,37 minutes en 2017, quelques secondes de plus que l’année précédente, ce serait à cause de l’expansion du territoire. « La densification de la circulation explique qu’il faut quelques secondes de plus pour intervenir », dit M. Simoneau. Le SPCIS dépasse toutefois largement les objectifs ministériels en déplaçant 10 pompiers en 10 minutes sur les lieux d’une intervention dans 98 % des cas.