Après avoir brandi La Tribune en appui dans un autre dossier, le conseiller Pierre Tremblay a inscrit sa dissidence à la décision d’injecter 100 000 $ par année pour les trois prochaines années en publicité dans le quotidien sherbrookois.

La Ville s'engage pour 100 000 $ par année en publicité dans La Tribune

La Ville de Sherbrooke injectera 100 000 $ par année pour les trois prochaines années en publicité dans La Tribune. Elle versera par ailleurs 10 000 $ par année au Record pour la même période. Si les élus y voient une forme d’aide aux médias écrits, le directeur général Daniel Picard insiste pour dire qu’il s’agit principalement de répondre à un besoin de communication.

Concrètement, les grands projets qui transformeront et perturberont le centre-ville au cours des trois prochaines années incitent la Ville à tenter de maximiser les moyens de communication mis à sa disposition. Il s’agira d’augmenter la visibilité de la Ville et d’assurer un suivi des dossiers majeurs. 

Les montants entérinés par le conseil municipal lundi, à l’exception du conseiller Pierre Tremblay, qui a inscrit sa dissidence, et de la conseillère Danielle Berthold, qui a déclaré son intérêt, n’incluent pas les investissements pour les avis publics (environ 30 000 $).

Fait à noter, l’ajout de 110 000 $ dans les médias écrits permettra simplement de rétablir les investissements de 2017 (146 405 $) et 2018 (122 656 $). En 2019, 38 000 $ ont été injectés à ce jour dans ces plateformes.  

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Quant aux médias électroniques, ils connaîtront l’ampleur des montants qui leur sont réservés dans cette campagne de communication lors de l’adoption du budget 2020 en décembre. 

Le directeur général Daniel Picard se défend bien de chercher à aider des médias en particulier. « Nous avons clairement un besoin d’attaquer une stratégie différente de communication parce que nous vivrons des changements importants au centre-ville. Il est important de communiquer par des cahiers spéciaux, des publireportages. Ce n’est pas un besoin auquel on peut répondre à la radio. Il y a des choses qui se font par papier, d’autres par des médias électroniques. »

La communication directe, par des accroche-porte par exemple, n’est appropriée selon lui que pour des communications brèves.

« On ne pouvait pas s’engager pour une période de plus de trois ans parce que ça ne répondrait plus à notre objectif premier. »

Marc Denault espère que cet engagement sera une bougie d’allumage.

Vincent Boutin se réjouit, mais aimerait qu’on considère ses idées d’investir pour utiliser les médias locaux comme des outils d’éducation. Annie Gobdout a d’ailleurs demandé à ce qu’on réfléchisse encore aux propositions de son collègue.

Évelyne Beaudin aurait aimé que des sommes soient prévues en 2019. « Pour la survie d’un média local, ça prendra plus que quelques abonnements individuels. Je crois que les médias écrits sont là pour rester. Ils se distinguent en creusant les dossiers, ils ont un large auditoire et sont la pierre angulaire de notre système démocratique. »

Nicole Bergeron estime qu’il y avait matière à entrer plus souvent en contact avec les citoyens. « On veut propager nos bonnes nouvelles. Je me permets de demander au gouvernement du Québec d’entendre les solutions proposées à propos des géants du web. »

« Je suis sûr qu’on retirera beaucoup de gains de cet investissement bien placé », a dit le maire Steve Lussier. 

Pierre Tremblay, lui, a jugé cette aide inéquitable pour les autres médias « qui ont autant sinon plus d’auditoire », dit-il. « Parlez-en aux vendeurs des différents médias locaux. »