Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
La Ville de Sherbrooke a recueilli 624 tonnes de rebuts encombrants en 2020.
La Ville de Sherbrooke a recueilli 624 tonnes de rebuts encombrants en 2020.

La Ville ramasse moins de gros rebuts avec sa collecte sur appels

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Meubles et matelas ont représenté 80 % des matières recueillies en bordure de rue pour la première année de collecte des gros déchets sur appel à la Ville de Sherbrooke. Cette nouvelle façon de faire, qui remplaçait les deux collectes annuelles planifiées, aura permis de ramasser 16 227 déchets encombrants, mais aura entraîné 1058 déplacements inutiles.

Le Bureau de l’environnement dressait lundi le bilan de ce nouveau mode de collecte, précisant que le contexte de la pandémie et la date tardive du début du projet invitaient à la prudence. En moyenne, entre 2016 et 2019, la Ville recueillait en moyenne 1650 tonnes de gros rebuts. En 2020, ce sont 624 tonnes qui ont été enfouies. 

En chiffres absolus, plus de 9800 divans et fauteuils ont fait l’objet d’appels et 3378 matelas et sommiers. Dans le même sens, les écocentres ont reçu 4000 matelas de plus qu’en 2019.

« Ce sont 1058 déplacements qui ont été faits à vide, malgré le fait qu’il était possible d’annuler avant la date prévue. Parmi les hypothèses que nous avons, certains propriétaires d’immeubles à logements ont peut-être fait une demande chaque semaine ne sachant pas s’il y aurait des matières à ramasser. Certains ont peut-être décidé d’aller porter les matières à l’écocentre entre le jour de leur inscription et le jour de collecte », explique Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement. « Il n’est pas impossible que des ferrailleurs soient aussi passés. »

Le conseiller Rémi Demers, lui-même propriétaire de logements, avoue avoir fait des appels en apercevant des rebuts devant ses immeubles, ne sachant pas si les locataires avaient pris rendez-vous. « Avons-nous les moyens de voir les requêtes en double? », a-t-il demandé. 

Roger-Pier Mercier, directeur du Service de l’entretien et de la voirie, confirme que oui. « Nous avons l’information avec les adresses. Rien ne nous empêche de communiquer avec les demandeurs pour vérifier pourquoi il y a des requêtes à la même adresse. Si le collecteur se rend compte qu’il y a des articles qui ne sont pas inscrits dans la demande, il peut aussi ajuster sa liste. »

Ingrid Dubuc indique que les données sur les matières ramassées permettront à la Ville d’adapter ses pratiques. « En sachant ce que nous ramassons, nous serons plus en mesure de trouver des façons de réduire l’enfouissement. Nous avions aussi un projet-pilote sommaire de trois semaines pour ramasser des matelas et les transporter à l’écocentre : ce sont 424 matelas qui ont été détournés de l’enfouissement. »

Le Service de la planification et de gestion du territoire a par ailleurs procédé à 394 inspections qui ont mené à trois constats d’infraction. Ces constats ont été remis à des citoyens qui avaient empilé de grandes quantités de matériel en bordure de rue. « Dans la plupart des cas, lors de la deuxième inspection, la situation était corrigée et il n’était pas nécessaire de donner une amende. »

Expérience concluante

La Ville compte donc poursuivre la promotion du réemploi et publiciser la possibilité, pour les propriétaires de logements, d’accéder gratuitement au centre de transfert de Valoris pour disposer de certains objets le vendredi après-midi. Il sera aussi question d’optimiser les routes pour la cueillette des matières.

Marc Denault a proposé de faire des représentations, avec l’Union des municipalités du Québec, pour que les fabricants de matelas contribuent à la récupération de leurs produits. « On le voit avec l’électronique. Il y a des frais pour la fin de vie des objets. Ça ne payera pas l’entièreté de la facture, mais ça pourra nous aider. »

Karine Godbout propose de n’accepter que les encombrants qui ne peuvent pas être valorisés autrement et de créer de meilleurs liens de communication avec les propriétaires de multilogements. 

Évelyne Beaudin, elle, suggère de raffiner les modes de communication en utilisant une terminologie plus simple. « Encombrants » et « centres de réemploi » pourraient être remplacés par « gros déchets » et « organismes de récupération d’objets. »

Le maire Steve Lussier estime que la première année de cette nouvelle façon de faire a été prometteuse. Il avance l’idée d’étendre la réflexion aux MRC voisines pour établir des partenariats. « Je souhaite qu’en 2021, on puisse réduire encore plus l’enfouissement. »