Le Bonaparte aurait compté 17 étages au coin des rues Pacifique et Claire-Jolicoeur.
Le Bonaparte aurait compté 17 étages au coin des rues Pacifique et Claire-Jolicoeur.

La Ville dit non aux 17 étages sur la rue Pacifique

Le promoteur Robert D. Côté ne pourra pas construire l’immeuble de 17 étages, le Bonaparte, qu’il projetait sur son terrain à l’angle des rues Pacifique et Claire-Jolicoeur, dans l’arrondissement des Nations. C’est du moins la recommandation du comité consultatif d’urbanisme, de refuser le changement de zonage qui aurait permis d’ériger le complexe de 200 appartements, qui a été entérinée lundi soir dans un vote de 9 contre 6.

« Le site étant situé à l’avant-plan du dénivelé entre le mont Bellevue et le lac des Nations, l’insertion d’un bâtiment ayant cette hauteur viendrait créer un impact négatif sur le paysage urbain que sont le mont Bellevue et le lac des Nations », lit-on dans les documents municipaux rendus publics lundi.

Le sommaire décisionnel de la Ville fait aussi état du caractère particulier de l’arrondissement des Nations, qui se façonne non pas seulement à partir du mont Bellevue et du lac des Nations, mais aussi à partir d’éléments liés à l’architecture et à l’aménagement urbain. Les bâtiments existants comptent entre deux et six étages. « La construction d’un bâtiment de 17 étages ne serait en aucun cas intégrée dans le cadre bâti [...] »

On rappelle par ailleurs que le zonage actuel permet la construction d’habitations multifamiliales de plus de 18 logements ayant un maximum de neuf étages. En 2009, le promoteur avait déjà tenté d’obtenir une modification au zonage pour un immeuble résidentiel de 16 étages. Le conseil municipal avait statué que la hauteur demandée ne s’intégrait pas dans le cadre bâti et dans le paysage, mais il s’était montré ouvert à limiter le nombre d’étages à neuf. M. Côté avait alors obtenu toutes les autorisations pour un projet particulier de construction, de modification et d’occupation d’un immeuble pour ériger une habitation multifamiliale de neuf étages.

Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, a expliqué la décision de son comité. « Oui à la densification, mais ça doit se faire avec une intégration dans le milieu. Ce bâtiment, à 17 étages, aurait presque le double de hauteur des autres bâtiments adjacents. Quand on sera sur le pont Jacques-Cartier, on ne verra que ça et ça cachera une partie de la percée visuelle sur le mont Bellevue. Comparativement au Vü ou au Urbano qui sont loin de la rue, ce projet sera près de la rue et ne s’intégra pas bien, car le bâtiment sera seul. Nous sommes dans un secteur presque déjà tout développé et il sera donc le seul de cette hauteur, ce qui brisera la trame urbaine! »

Évelyne Beaudin, qui n’était pas contre le projet à l’origine, se dit maintenant convaincue qu’il ne faut pas permettre l’ajout de 17 étages dans ce secteur. « On voit tout de suite que ça ne s’intègre pas du tout dans le paysage et que ça cache complètement l’un de nos plus grands attraits naturels sherbrookois : le mont Bellevue. C’est primordial de s’engager pour la densification, mais ça ne veut pas dire qu’il faut densifier n’importe comment. La densification, ça doit se faire de façon intelligente, de façon à s’intégrer à l’aménagement environnant. »

Mme Beaudin vise le secteur Mi-Vallon, qui selon elle, n’a pas été densifié de façon intelligente. « On a fait pousser des maisons, mais on n’a pas prévu assez de parcs, de trottoirs, de services, de commerces… Densifier pour densifier, ça ne vaut rien. »

La question de la densification a aussi été soulevée par Pierre Tremblay et Pierre Avard.

Yves Tremblay, directeur de la planification et de la gestion du territoire, estime que le processus de densification est bien enclenché à la Ville de Sherbrooke et que tout est une question d’intégration dans le milieu.

Paul Gingues, conseiller du secteur, n’est ni contre ni pour le projet, mais aurait aimé que les citoyens puissent se prononcer. Il souhaiterait aussi que la Ville se penche sur un cadre pour que les promoteurs sachent à quoi s’attendre avec ce genre de projet.

Dans son projet évalué à 50 M$, Robert D. Côté proposait de déplacer la rue Pacifique et de la raccorder au prolongement de la rue Roy. Lors d’une séance d’information en septembre, M. Côté indiquait qu’il était nécessaire de construire un immeuble plus haut que les neuf étages déjà consentis pour qu’il puisse rentabiliser son terrain.