Le maire Steve Lussier entend prendre du temps avec chacun des organismes paramunicipaux de la Ville pour trouver des solutions aux questionnements soulevés par la vérificatrice générale.

La Ville devra prendre un virage jeunesse

Le défi de la Ville de Sherbrooke sera d’attirer de jeunes travailleurs vers des postes de gestion pour remplacer les départs à la retraite. C’est le constat que dresse le directeur général, Daniel Picard, à la lumière du rapport de la vérificatrice générale.

La Ville lancera par ailleurs un processus de vérification pour dépister les sommes en trop versées à des fournisseurs et cherchera à mieux encadrer ses organismes paramunicipaux.

M. Picard agissait comme directeur du Service des ressources humaines avant d’accepter la direction générale. Il avait relevé le besoin d’un plan de gestion de la relève.

« Par historique, les ressources humaines avaient plus une culture axée sur les relations de travail que le développement de l’organisation. Ce n’était peut-être pas dans les priorités des prédecesseures de gérer le plan de relève. Honnêtement, quand la vérificatrice nous a fait part du besoin, nous avions déjà commencé le travail.

« Nous avons déjà une identification des personnes clés. Nous identifierons pour chacun de ces postes une stratégie. En raison de la difficulté de recruter à l’extérieur, il faudra commencer à développer notre monde à l’interne. »

Tout indique que les postes de gestion devront être occupés par des employés plus jeunes. « Parfois il y a un fossé en matière d’expérience. Le défi que nous aurons, ce sera de prendre des gens beaucoup plus jeunes, qui ne sont peut-être pas complètement préparés, et de leur faire confiance. Ce sont des occasions de changement. Il ne faut pas le voir négativement. »

Un plan d’action devrait être prêt vers le milieu de l’automne pour permettre de cibler les demandes budgétaires liées à ce dossier.

Le maire Steve Lussier, lui, s’est montré préoccupé par le possible paiement en double de certains contrats avec des fournisseurs.

Reddition de comptes

« On a déjà mandaté quelqu’un pour la reddition de comptes. On enverra une lettre à tous nos fournisseurs. Nous leur donnerons trois mois pour regarder s’il y a eu une double versation (sic) de paiements dans leur compte. De notre côté, on a déjà mis quelqu’un en place. On va regarder au minimum les trois dernières années. D’ici janvier 2019, on devrait être en mesure de donner des chiffres. »

M. Lussier s’est montré plus flou quant aux mesures à adopter pour répondre aux autres recommandations de la vérificatrice générale. « Tout ce qu’elle a sorti, je pense que c’est réel. Il faut vraiment aller avec les recommandations. Je ne suis pas contre. Dès que je suis arrivé en poste, j’avais des questionnements [sur les organismes paramunicipaux]. »

Le maire dit qu’il prendra du temps avec chacun de ces organismes pour trouver des solutions.

Pas de grands scandales

Parmi les autres élus, Vincent Boutin a apporté un éclairage sur les recommandations touchant les organismes paramunicipaux.

« On peut voir que les discours alarmistes ne se sont pas vraiment avérés. Il n’y a pas de grands scandales cachés dans ce rapport », dit-il.

Rémi Demers estime que le rapport devrait rassurer les Sherbrookois en matière de gouvernance des organismes.

« Je ne crois pas que ce sont les enjeux de gouvernance qui soulevaient des questions, mais bien la performance et les recommandations pour suivre ces performances sont d’excellentes idées. De mieux encadrer les paramunicipales est une recommandation forte du rapport. Ce n’est pas anodin », rétorque Annie Godbout.

Enfin, Paul Gingues a déploré que les élus aient reçu le rapport seulement à leur arrivée à l’hôtel de ville en fin d’après-midi, ce qui ne leur laissait que peu de temps pour le consulter.