Sans compter l’aide du gouvernement du Québec, le surplus anticipé de la Ville de Sherbrooke atteindrait 12,4 M$.
Sans compter l’aide du gouvernement du Québec, le surplus anticipé de la Ville de Sherbrooke atteindrait 12,4 M$.

La Ville dégagerait un surplus de 28,5 M$ en 2020

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke dégagerait un surplus de 28,5 M$ au 31 décembre selon les prévisions du Service des finances déposées lundi au conseil municipal. Cette somme est dopée par les 16,1 M$ octroyés par le gouvernement du Québec pour aider la municipalité à affronter les conséquences de la COVID-19. En contrepartie, les élus ont approuvé des dépenses en immobilisations de 6 M$ de plus que ce que prévoyait le budget 2020. 

La directrice du Service des finances, Nathalie Lapierre, explique avoir établi ses prévisions sur les chiffres réels au 30 septembre 2020. « Vous allez dire que 28,5 M$, c’est beaucoup. Le gouvernement, dans le contexte de la pandémie, est venu aider la Ville à la hauteur de 16,1 M$. Si on enlève l’aide gouvernementale, ça veut dire que la Ville anticipe de terminer l’année avec un surplus de 12,4 M$. Il est important de comprendre pourquoi on génère ce surplus. »

Mme Lapierre précise que les pertes liées à la COVID-19 atteignent 7,7 M$, notamment pour les revenus de stationnement qui ont été amputés. « Ce sont des pertes qui sont bien réelles, mais l’appareil s’est mis en mode réactif et nos actions pour minimiser les impacts de la pandémie ont permis de générer des économies de 4,6 M$. D’autres économies ont été générées par des décisions gouvernementales, par exemple la diminution des taux d’intérêt, soit pour environ 3,8 M$. On sort donc de la pandémie avec un léger surplus anticipé de 700 000 $. »

S’ajoutent des revenus exceptionnels de droits de mutation, dans les revenus d’Hydro-Sherbrooke (5 M$) et dans les revenus de cryptomonnaie. 

« Donc oui, c’est bien parce que malgré le contexte de pandémie, avec les actions que l’on a mises de l’avant, et avec les revenus exceptionnels qu’on a, ça fait en sorte qu’on anticipe un surplus. Donc on ne sera peut-être pas obligés d’utiliser l’aide gouvernementale et on l’utilisera pour le futur, parce qu’on sait que ce n’est pas terminé la pandémie. » 

Le maire Steve Lussier prend ces chiffres avec positivisme. « Dès le mois de mars, nous nous sommes mis en action. Nous serons prêts pour 2021 parce que nous nous attendons à des mois difficiles. »

La Ville de Sherbrooke envoie-t-elle un mauvais message en n’utilisant pas l’aide financière du gouvernement du Québec? « Je ne crois pas. Il y aura une reddition de comptes de toute façon. Se mettre de l’argent de côté pour 2021 demeure la meilleure chose à faire. »

M. Lussier n’a pas voulu s’avancer sur les impacts de ces surplus anticipés sur le budget qui sera présenté la semaine prochaine. « C’est un exercice rigoureux. Je ne veux pas provoquer d’attentes. Nous tiendrons compte de ces surplus, mais il y a d’autres facteurs dont il faut tenir compte. Il faut être prudent. Les gens s’attendent à ce que la hausse de taxes ne soit pas élevée, mais je garde la surprise pour la semaine prochaine. »

Des dépenses supplémentaires en immobilisations

Nathalie Lapierre a par ailleurs expliqué que des budgets additionnels de 6 M$ avaient été octroyés en immobilisations en 2020.

« Il y a trois grandes explications. Nous avons entre autres acquis des camions transrouliers et des conteneurs pour l’écocentre au coût de 1,5 M$. Nous avions fait une étude approfondie et il était plus rentable de fonctionner de cette façon. Il faut ajouter les améliorations locatives à la Hooper. Il était plus rentable d’emprunter pour payer les travaux que de demander au promoteur de le faire. Le taux d’intérêt auquel la Ville peut emprunter est plus avantageux. Nous avons aussi pour 3,6 M$ de projets promoteurs. »