Le ratio d’endettement de la Ville de Sherbrooke, en diminution, atteindra 101 % en 2020 et remontera à 106 % dans les deux années suivantes. Si le chiffre paraît plus élevé que par le passé, prévient la directrice du Service des finances Nathalie Lapierre, c’est qu’une nouvelle méthode de calcul est appliquée.

La Ville change son mode de calcul pour l’endettement

Le ratio d’endettement de la Ville de Sherbrooke, en diminution, atteindra 101 % en 2020 et remontera à 106 % dans les deux années suivantes. Si le chiffre paraît plus élevé que par le passé, prévient la directrice du Service des finances Nathalie Lapierre, c’est qu’une nouvelle méthode de calcul est appliquée.

Selon elle, un ratio de 100 % est désormais la cible à atteindre alors que le maximum à ne pas dépasser est de 110 %. « Nous sommes en période de transition. Nous avons de nouvelles méthodes de calcul dans lesquelles on diminue les revenus qu’on considère. On ne considère que les revenus de fonctionnement, sans tenir compte des subventions, sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle », explique Mme Lapierre.

Selon l’ancien mode de calcul, l’endettement en 2022 aurait atteint 97,2 %.

« Nous avons fait des études qui démontrent bien que même si notre niveau d’endettement est plus élevé, c’est tout à fait respectable. L’endettement est grandement influencé par les revenus. Quand on investit 38 % en développement économique, c’est que des revenus seront associés à ces projets. Nos prévisions sont donc très conservatrices en fonction de ces projets. »

Le directeur général, Daniel Picard, ajoute que le coût serait encore plus important dans le budget d’exploitation si la Ville n’investissait pas dans ses infrastructures.

« Notre niveau d’endettement augmente, mais du fait que les taux d’intérêt diminuent, nous pouvons consacrer une plus faible portion de notre budget au remboursement de la dette », précise Mme Lapierre.

Mario Lavallée, professeur agrégé à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke, a présenté aux élus une analyse de leur cote de crédit présumée, lundi soir, et leur a proposé une forme d’encadrement. Selon lui, en fonction des critères de Moody’s ou Standard and Poors, Sherbrooke pourrait obtenir une cote de AA- ou de A+.

Il note parmi les points forts une économie locale diversifiée, un faible risque de refinancement, un accès facile aux marchés financiers et des travaux pour améliorer la gestion. Il souligne toutefois un PIB par habitant inférieur à la moyenne canadienne, un excédent de fonctionnement faible et un endettement un peu plus élevé que la norme. Il met aussi en lumière des lacunes dans l’encadrement de la gestion des organismes et l’absence d’une politique de gestion des surplus.

Dans ses conclusions, M. Lavallée relève une capacité limitée de la Ville à faire face à des imprévus.

La Ville vise à présenter sa nouvelle politique de gestion de la dette avant Noël. Jonathan Custeau