La Ville augmente le salaire des étudiants

SHERBROOKE — Dans l’espoir d’une plus grande rétention de la main-d’œuvre et pour améliorer sa gestion de la relève, la Ville de Sherbrooke haussera le salaire des étudiants embauchés pour les emplois d’été manuels non spécialisés. Elle revoit du même coup certains critères d’admissibilité pour agrandir son bassin d’employés potentiels.

Par emploi manuel non spécialisé, la Ville fait notamment référence aux préposés à l’entretien et à la surveillance des parcs ou aux événements spéciaux. Ce type d’employé représente un défi de recrutement pour le Service des ressources humaines, qui note entre autres « un grand nombre de désistements même après la confirmation d’emploi », lit-on dans le sommaire décisionnel de la Ville. Rappelons que la vérificatrice générale avait signalé que la gestion de la relève constituait un défi important à la Ville de Sherbrooke.

« L’idée c’est de rendre nos postes le plus attractifs possible pour les étudiants et les encourager à postuler », résume la conseillère Évelyne Beaudin.

La grille salariale des étudiants non spécialisés permettra d’ajouter un écart entre le salaire offert par la Ville et le salaire minimum (12 $/heure), ce qui était le cas dans le passé. En 2007, le salaire offert par la Ville était 8 % plus élevé que le salaire minimum. L’écart est passé à 3 % en 2011 et à 0 % en 2018.

La nouvelle échelle salariale prévoit donc 6 % de plus que le salaire minimum au premier échelon. Le deuxième échelon prévoit une augmentation salariale de 4 %. Au troisième échelon, les employés recevraient une augmentation identique.

Les documents municipaux indiquent par ailleurs que les étudiants embauchés pour les emplois spécialisés représentent un bassin intéressant pour la relève, mais qu’on ne rencontre pas les mêmes difficultés d’embauche que pour les emplois non spécialisés.

La nouvelle politique d’embauche de la Ville de Sherbrooke, qui entrera en vigueur le 1er mai 2019, aurait représenté un coût additionnel de 34 272,60 $ pour le personnel étudiant en 2018. Ce montant représente 2,4 % de la masse salariale du personnel étudiant et occasionnel. « Le fait de ne pas avoir recours à la main-d’œuvre étudiante peut engendrer un coût additionnel d’environ 150 000 $ à la masse salariale des employés saisonniers », lit-on dans les documents municipaux.

La Ville de Sherbrooke a dans le même sens réalisé qu’elle était plus restrictive que d’autres municipalités dans ses critères d’admissibilité pour se qualifier pour un emploi d’été à la Ville. Pour le moment, l’étudiant doit être inscrit à temps plein dans un programme d’études au printemps et retourner aux études à temps plein à l’automne. La notion de « temps plein » sera éliminée et il ne sera plus exigé de retourner aux études à l’automne si l’étudiant est inscrit dans un parcours scolaire.

Sherbrooke ajoutera une fonctionnalité dans son système informatique pour une meilleure gestion intégrée des candidatures. Elle fait aussi appel à une agence externe pour revoir la campagne publicitaire pour l’embauche des étudiants.

La Ville de Sherbrooke embauche annuellement environ 200 étudiants pendant la période estivale. Pour optimiser son processus d’embauche, elle a fait appel à un groupe de réflexion. Quelques insatisfactions avaient entre autres été relevées dans un sondage réalisé auprès des étudiants. La rémunération et l’encadrement faisaient partie des problèmes soulevés.