La Ville acquiert le boisé Fabi pour 1,45M$

La Ville de Sherbrooke a approuvé l'achat des terrains du boisé Fabi, hier, à la suite d'une entente intervenue avec le promoteur Jacques Vallée. Elle paiera donc la somme de 1 454 180 $ pour acquérir 136 100 m², soit l'équivalent de 13 terrains de soccer, dans le secteur de Rock Forest.
Si le dossier a commencé à susciter de l'intérêt en 2007, la Ville s'est intéressée à la conservation du boisé Fabi à la suite de préoccupations de citoyens, formulées en décembre 2011.
Le Service de la planification et du développement urbain a alors été invité à étudier comment ces préoccupations pouvaient être conciliées avec la demande de développement à des fins résidentielles du propriétaire-promoteur.
« Il faut comprendre que la grande majorité du boisé est actuellement zonée pour des usages résidentiels ou commerciaux. Nous n'aurions pas le choix d'autoriser des coupes de jardinage dans certains secteurs, mais jusqu'à maintenant, le promoteur a toujours accepté de s'asseoir et de négocier », a expliqué Danielle Gilbert, directrice du Service de la planification et du développement urbain.
Il a donc été proposé d'acquérir 136 100 m², ce qui représente environ la moitié de l'espace boisé appartenant au promoteur Jacques Vallée. «On crée une continuité pour permettre à tous les développements du secteur d'accéder au boisé sans leur voiture.»
La Ville a alors mandaté la firme d'évaluation Dufresne, Savary & Associés inc. pour établir l'indemnité d'acquisition. L'évaluateur a conclu à une valeur globale de 24,44 $/m².
«La Ville a essayé de trouver des terrains pour un échange qui satisferaient le promoteur, mais pour des raisons qui lui appartiennent, il n'a pas été possible d'en arriver à une entente», précise Danielle Gilbert.
De l'aire totale sont déduites les parties cédées gratuitement à la Ville aux fins de parc (36 400 m²) et les milieux humides à protéger, les bandes riveraines et les espaces de compensation pour la destruction de milieux humides (40 200 m²). Le promoteur n'avait pas l'obligation de donner ces secondes portions de terrain gratuitement.
La Ville ne paie que pour les terrains constructibles dans le projet initial du constructeur. Le boisé Fabi a une superficie comparable à celle du parc Jacques-Cartier.
À la question du conseiller Marc Denault, qui s'interrogeait à savoir comment on expliquerait aux autres citoyens le choix d'acheter ce terrain en particulier, Danielle Gilbert a indiqué que le plan directeur des parcs «confirme la nécessité d'avoir un parc dans ce secteur. L'étendue est plus grande qu'un parc de quartier parce qu'on vient y ajouter un élément de préservation».
La conseillère Hélène Dauphinais s'est opposée à l'achat. «Acheter de beaux arbres, c'est enthousiasmant, mais il faut regarder les choses de façon plus large. On laisserait un bel héritage à nos enfants, mais on leur lègue déjà un héritage de 100 M$ pour le déficit des caisses de retraite.»
Le maire Bernard Sévigny a convenu que le prix d'achat est élevé tout en plaidant pour la conservation d'une forêt mature.
Au moment du vote, seule Hélène Dauphinais s'est opposée à l'achat.