Le rêve d’atteindre l’autosuffisance alimentaire anime la famille derrière le Jardin des Vanupieds, qui est composée de Jeanne Letourneux, Mathieu Lefebvre, Miel Lefebvre, Azure Lefebvre et Mara Longpré Lefebvre (au bas). Avec eux, Chloé Gendron (à droite), une bénévole de passage pour une semaine.
Le rêve d’atteindre l’autosuffisance alimentaire anime la famille derrière le Jardin des Vanupieds, qui est composée de Jeanne Letourneux, Mathieu Lefebvre, Miel Lefebvre, Azure Lefebvre et Mara Longpré Lefebvre (au bas). Avec eux, Chloé Gendron (à droite), une bénévole de passage pour une semaine.

La vie sur (une) terre

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Vendredi matin chez les Letourneux-Lefebvre. Le petit-déjeuner est englouti, les souliers et les chapeaux sont enfilés, la collation est prête à emporter. Au terme d’une danse aussi gracieuse que chaotique, Jeanne, Mathieu et les jeunes Mara (8 ans), Miel (3 ans) et Azure (1 an) se glissent à bord de la fourgonnette familiale. Terminus : le Jardin des Vanupieds.

C’est ainsi que démarre chaque journée chez la famille cultivatrice par les temps qui courent, quand il n’y a pas de marché public au programme.

L’autosuffisance, « réussir à tout faire soi-même », est une passion pour Jeanne Letourneux et Mathieu Lefebvre. La vente de produits transformés, qui se concrétise cette année pour une première fois en trois ans, fait aussi partie du rêve.

« Je dirais qu’on est maintenant autosuffisants à 50 % en fruits et légumes », avance Mme Letourneux, qui concocte depuis peu des sels de plantes à partir de ses herbes et légumes pour les marchés publics de Lennoxville et de Sawyerville. Pour nourrir la famille toute l’année, le couple met en conserve, déshydrate ou récolte en serre froide l’hiver. 

« Le but ultime » inclura éventuellement des fermentations et d’autres produits de transformations comme source de revenus, en plus d’une culture agrandie et d’une certification biologique. 

Dans tous les cas, patience et maîtrise sont de mise pour ce projet, qui englobe la culture d’une quarantaine de types de légumes et de quelques variétés de fruits sur une parcelle du terrain de la Coopérative Les jardins de Victoria à Saint-Isidore-de-Clifton. « On s’ajuste, explique M. Lefebvre. L’an dernier, il y a plein de facteurs qui avaient fait que ça n’avait pas fonctionné. On adapte nos techniques et les dates de semis, puis les quantités. Par exemple, ça fait deux ans de suite qu’on fait beaucoup trop de kale! »

Cette année, le couple tiendra également un kiosque de fruits et légumes devant sa demeure au centre de Saint-Isidore-de-Clifton. 

Nourris par la terre

La serre et le jardin n’ont plus de secrets pour Mara, la fille de M. Lefebvre. Tantôt tenant fièrement un papillon dans ses mains, tantôt repérant des œufs de parasites pieds nus dans les rangs de pomme de terre, la jeune fille semble dans son élément. Mais ce qu’elle préfère, en cette journée chaude, c’est « manger des fraises! » 

Pour Mme Letourneux, il était tout naturel d’inclure ainsi Mara et les deux filles du couple, Miel et Azure, dans leur projet. Maintenant qu’ils ont une nounou, incarnée par la sœur de M. Lefebvre, la conciliation jardin-famille est d’autant plus heureuse, dit-elle. 

« C’est génial, affirme Mme Letourneux. Je peux faire des demi-journées ou des grosses journées de temps en temps. Sinon, quand je suis avec les enfants, on fait des demi-journées tous ensemble et après on va se baigner ou on va au parc.  Quand il fait chaud, je leur apporte une piscine pour enfants au jardin, et elles peuvent jouer dedans pendant que je travaille. Elles ont du plaisir, et elles participent, par exemple lorsque c’est le temps de planter. »