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La pandémie et les cours virtuels ont montré les limites de la technologie dans les apprentissages, notamment en ce qui concerne la motivation des élèves et des enseignants.
La pandémie et les cours virtuels ont montré les limites de la technologie dans les apprentissages, notamment en ce qui concerne la motivation des élèves et des enseignants.

La technologie, enjeu majeur en éducation

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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Les derniers mois auront fait de la technologie un enjeu de premier plan dans le monde de l’éducation. Forcé de se déployer à l’extérieur de ses murs, le milieu scolaire a fait face à de nombreux défis, avec l’enseignement à distance en tête.

« Autant en éducation que dans le monde du travail, on a fait des bonds de géant, ç’a forcé plusieurs compagnies à accélérer le développement de leurs produits », constate Vincent Beaucher, chargé de cours à la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke.

La pandémie et les cours virtuels ont néanmoins montré les limites de la technologie dans les apprentissages, notamment en ce qui concerne la motivation... autant chez les élèves et les étudiants que les enseignants, qui trouvent plus intéressant d’avoir des jeunes en face d’eux que de simples pastilles épinglées d’initiales.

« Je pense que ça va avoir démontré que le Québec a un grand retard au niveau de l’enseignement à distance, notamment pour le matériel disponible », commente Vincent Beaucher, qui rappelle que la pandémie a aussi mis en lumière la nécessité de l’internet haute vitesse pour tous.

La dernière année a aussi fait ressortir les inégalités dans le système scolaire, notamment lorsqu’on a vu à quelle vitesse les établissements privés ont pu mettre en place l’enseignement en ligne lors du confinement de mars dernier.

Le superviseur de stages a aussi une pensée pour tous les stagiaires qui ont dû se lancer dans ce contexte. « Je leur lève mon chapeau! »

Vincent Beaucher

Dans son bilan, Vincent Beaucher estime que les enseignants et professeurs ont dû travailler dans un contexte très changeant.

« Ce qui a le plus choqué, jusqu’à un certain point, c’est l’espèce de non-consultation et de non-reconnaissance du gouvernement pour le travail qu’ils font. Ce sont des professeurs, ils veulent que les élèves réussissent. Le gouvernement prend toutes sortes de décisions, mais les enseignants ne se sentent pas considérés. »

De façon plus large, il croit que la situation pourra changer la façon de concevoir la réussite à l’école.

« J’ai l’impression qu’il y a peut-être une réflexion qui va s’amorcer sur les attentes que le gouvernement et la population auront en termes d’objectifs d’apprentissage. On est encore très axé sur la performance, sur le fait d’avoir de bonnes notes et de couvrir l’ensemble du contenu de formation, mais est-ce que c’est cette performance qui fait en sorte qu’un jeune va terminer son parcours scolaire avec succès? (...) Il faut avoir confiance que les jeunes qui vont sortir de l’école vont avoir un bagage de connaissances, avoir développé des compétences et des aptitudes qui vont leur permettre de cheminer dans la vie et de réussir », dit celui qui est aussi président du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UdeS (SCCUS).