Le Clinique des médecins d’urgence, la seule superclinique de Sherbrooke, pourrait recevoir bien plus de patients. Ses locaux et sa structure sont adaptés pour que trois médecins y travaillent en même temps, de jour comme de soir, soutient sa directrice adjointe, Roxanne Valois.

La superclinique débordée

Sherbrooke — Seule superclinique à Sherbrooke, la Clinique des médecins d’urgence est débordée. « Selon les jours, nous pouvons recevoir entre 60 et 80 patients environ. La demande est jusqu’à trois fois plus grande que ce que nous sommes en mesure d’offrir », soutient la directrice adjointe de la superclinique, Roxanne Valois.

Le Clinique des médecins d’urgence (CMU) pourrait recevoir bien plus de patients. Ses locaux et sa structure sont adaptés pour que trois médecins y travaillent en même temps, de jour comme de soir. Mais dans les faits, il n’y a souvent qu’un médecin de jour et un de soir. Parfois, un deuxième médecin s’ajoute pour le quart de travail de jour.

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« Il nous faut plus de médecins! Dans un quart de travail de six heures, un médecin voit de 25 à 30 patients, plus quelques cas qui s’ajoutent en cours de route. Alors les journées où j’ai un seul médecin de jour et un seul médecin de soir, nous avons donc une moyenne d’environ 60 places », explique Mme Valois.

Une fois leurs six heures travaillées, heures qui s’étirent souvent, les médecins doivent ajouter de deux à trois heures de travail de bureau, soit remplir des formulaires d’assurance, vérifier les résultats de laboratoires, rappeler des patients, etc.

« Nous avons un volume d’environ 100 à 150 demandes de rendez-vous par jour. Nous devons aussi gérer l’insatisfaction des gens qui disent qu’ils ne réussissent jamais à avoir la ligne ou à avoir un rendez-vous. Mais tant qu’on n’aura pas plus de médecins, on est limités. Amenez-en des médecins, et nous allons pouvoir répondre à la demande », clame Mme Valois.


« Amenez-en des médecins, et nous allons pouvoir répondre à la demande »
Roxanne Valois, directrice adjointe de la superclinique

Aussi au fil des années, plusieurs cliniques qui offraient des rendez-vous aux patients qui n’ont pas de médecins de famille ont cessé d’offrir cette possibilité. Ainsi, les patients orphelins se retrouvent avec peu de possibilités quand un problème de santé se pointe le bout du nez.

« Le jour en semaine, les groupes de médecine de famille (GMF) accommodent assez bien leurs clientèles, alors ça va assez bien. Mais les soirs et les fins de semaine, ils ne sont pas tous ouverts alors c’est certain que nous recevons des patients qui ont des médecins de famille. En tout, je dirais qu’environ 40 % de nos patients ont des médecins de famille », soutient-elle.

Plusieurs pistes de solutions sont envisagées pour que la superclinique puisse mieux répondre à sa mission, qui est de détourner les patients P4 et P5 (les moins urgents) des salles d’urgence des hôpitaux et de répondre à la demande des patients orphelins, ceux qui n’ont pas de médecins de famille.

« Il y a environ 42 urgentologues qui travaillent dans les urgences des CHUS Hôtel-Dieu et Fleurimont. Si chacun de ces médecins venait faire un quart de travail par mois à la clinique, nous pourrions combler toutes nos plages horaires », soumet Mme Valois en exemple.

Mais en pratique, elle sait que ce n’est pas si simple. « Les médecins travaillent déjà beaucoup, ils sont super occupés et ils ont beaucoup de tâches de toutes sortes, comme l’enseignement. Venir leur ajouter un quart de travail par mois dans un environnement qu’ils ne connaissent pas, ce n’est pas évident », ajoute-t-elle.

Parmi les priorités régionales

Du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la problématique est bien connue également. Les médecins de famille et les urgentologues sont trop peu nombreux pour les besoins de la région.

« Une des pistes de solution pour diminuer la demande de rendez-vous à la superclinique est d’améliorer l’accessibilité des patients à leur propre groupe de médecine familiale pour que les médecins de la superclinique puissent voir davantage de patients orphelins (sans médecin de famille) », soutient la chef du département régional de médecine générale, Dre Raymonde Vaillancourt.

« L’autre piste de solution est le recrutement de nouveaux médecins. Cette année, et c’est une excellente nouvelle pour le réseau local de services (RLS) de Sherbrooke, cinq postes de médecins de famille ont été accordés au plan régional des effectifs médicaux (PREM) 2019. Ainsi, c’est cinq nouveaux médecins de famille qui s’ajouteront dans le RLS de Sherbrooke dès l’été 2019. Bien qu’on ne puisse diriger les candidats vers un milieu en particulier, des priorités sont identifiées et influencent le choix des candidats. Pour les PREM 2019, une des priorités identifiées est la pratique à la superclinique », ajoute Dre Vaillancourt.