La Société de transport de Sherbrooke (STS) suspend les négociations avec le syndicat de ses chauffeurs, jugeant les demandes syndicales déraisonnables.

La STS suspend les négos avec ses chauffeurs

La Société de transport de Sherbrooke (STS) suspend les négociations avec le syndicat de ses chauffeurs, jugeant les demandes syndicales déraisonnables. Les échanges médiatiques entre la partie patronale et les syndiqués se sont poursuivis lundi avec l’envoi de différents communiqués.

Lundi matin, la STS a acheminé un communiqué dévoilant que ses 133 chauffeurs avaient présenté des demandes monétaires équivalant à une hausse salariale de 6,75 % par année. « La collaboration entre la STS et le syndicat est saine et constructive. C’est pourquoi nous sommes très étonnés des demandes du syndicat sur les clauses monétaires qui sont deux fois plus élevées que les ententes signées sur cinq ans avec nos autres syndicats, ce qui représente 6,75 % par année », y déclare le président de l’organisation, le conseiller Marc Denault.

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Il souligne du même coup qu’une entente de principe est survenue sur les clauses normatives, entre autres pour les déplacements des chauffeurs avant et après leur quart de travail. Des comités devraient aussi être créés concernant les temps de parcours et la sous-traitance.

Dans son communiqué, la STS affirme que la question salariale doit être cohérente avec les autres ententes réglées pour cinq ans avec les autres syndicats. « Il est évident que la STS ne peut pas poursuivre les négociations dans ce contexte de demandes complètement déraisonnables. Nous souhaitons que le SCFP révise sa position et revienne à des considérations plus raisonnables avant de fixer une nouvelle date de négociation », lit-on dans le communiqué.

Le président du syndicat, Jean-Pierre Guay, confirme l’entente de principe sur les clauses normatives mais réfute les données salariales révélées par la partie patronale. « Les patrons essaient de récupérer une prime de déplacement qui était en fait une hausse salariale déguisée. Je ne sais pas où ils ont pris leur chiffre de 6,75 %. De tous les calculs que je peux faire, je n’arrive jamais à ce chiffre. Et il faut comprendre que nous avons trois primes qui équivalent à 4 % de salaire, mais ce n’est pas un ajout. C’est un montant qu’on souhaite redistribuer autrement. »

Selon M. Guay, les demandes salariales, qui étaient à l’origine de 3,5 %, ont été ramenées à 2,5 % par le syndicat.


«  Les patrons essaient de récupérer une prime de déplacement qui était en fait une hausse salariale déguisée. Je ne sais pas où ils ont pris leur chiffre de 6,75 %.  »
Jean-Pierre Guay

« Nous demandons des ajustements pour les pauses que nous ne prenons pas et pour les repas que nous prenons en travaillant. Nous voulons la même prime que les employés du transport adapté. Nous demandons aussi des primes de soir et de fin de semaine pour être égaux aux autres employés de la STS. »

Jean-Pierre Guay déplore que la STS ait envoyé une missive la semaine dernière pour annoncer que les négociations ne reprendraient qu’à l’automne. « Nous sommes prêts à négocier et les élus au C.A. avaient dit qu’ils étaient prêts à négocier sept jours sur sept s’il le fallait. »

Le président du syndicat laisse entendre que des moyens de pression pourraient être appliqués « au moment opportun » mais que l’objectif n’est pas de nuire à la clientèle.

Il ajoute qu’il est ironique que la STS leur reproche leurs demandes salariales le jour où les élus devaient s’accorder une augmentation de leur salaire de base en plus d’une compensation pour leur permettre de maintenir leur pouvoir d’achat. « Moi j’ai perdu 100 $ par semaine avec la restructuration du régime de retraite, et il n’était même pas déficitaire. Moi, mon pouvoir d’achat, il diminue. »