Le président de la Société de transport de Sherbrooke Marc Denault souhaite que le ministère des Transports revoie son soutien de façon à moins pénaliser les villes performantes.

La STS lève un drapeau rouge

Le président de la Société de transport de Sherbrooke (STS), le conseiller Marc Denault, demande à son tour au ministère des Transports de revoir sa façon de venir en aide à des organisations comme la sienne. « On pénalise les sociétés de transport qui sont performantes. »

Ses prédécesseurs, l’ex-maire Bernard Sévigny et l’ex-conseiller Bruno Vachon, avaient porté le même message. C’est qu’une partie du financement des sociétés de transport est prélevée à même les droits d’immatriculation des automobilistes. Contribuer à retirer des véhicules de la route pénalise donc les villes les plus performantes en matière de transport en commun.

« Je l’avais dit aussi la dernière fois que j’étais président de la STS. Il y a des villes de la taille de Sherbrooke qui transportent la moitié moins de passagers et qui touchent les mêmes subventions que nous. Nous recevons de bonnes subventions en matière d’immobilisations, mais le problème, c’est le budget de fonctionnement : l’essence, les salaires, etc. Si on garde le statu quo, nous devrons nous poser des questions. Si nous n’obtenons pas de ressources financières additionnelles, à moyen terme, il y aura une diminution de service. Nous ne sommes sûrement pas la seule ville à connaître ce problème », martèle Marc Denault.

Il propose de sensibiliser les gouvernements du Québec et du Canada et de faire des pressions par l’entremise de l’Union des municipalités du Québec pour que le ministère des Transports change sa politique.

Dans le même ordre d’idées, en raison du gel de la taxe foncière et des coupes budgétaires que celle-ci impose, M. Denault a clairement indiqué la semaine dernière que toute possibilité de développement est maintenant freinée. « Si on fait une analyse des coûts et des revenus, il faudra peut-être se concentrer sur une desserte sur les axes structurants et faire du transport à la demande dans les autres secteurs, mais c’est certain que nous en oublierons. »

Marc Denault cite des demandes de desserte dans le parc industriel ou dans le secteur de Deauville. « Dans notre lac-à-l’épaule, il faudra se garder une période de réflexion sur le sujet : comment on voit l’avenir du transport en commun? Soit on le voit comme une entreprise qui doit faire des profits, soit on le voit comme un outil de développement social. C’est sûr que le transport en commun n’est pas un poste budgétaire rentable, comme les casernes de pompiers ou les arénas. C’est un service à la population. »

Le président de la STS est clair : « Dans le contexte actuel, il y aura peu d’ajouts de service, s’il y a des ajouts. »

Le maire Steve Lussier, lui, ne croit pas compromettre le développement du réseau de transport en commun. « J’avais demandé qu’on revoie la façon de faire à la STS. Je pense qu’il y a une synergie qui est en train de se créer pour faire du changement. Ils savent qu’il faudra peut-être revoir les façons de faire. Je suis persuadé que des choses vont bouger dans les prochains mois. Il faudra voir si on peut se tourner vers des méthodes plus rapides, peut-être des véhicules plus petits. Je ne veux pas trop m’avancer. Je vais laisser M. Denault faire son travail, mais il faut comprendre que les services ne seront pas coupés. »