Tout indique que la Ville de Sherbrooke devra dégager des sommes imprévues si elle souhaite agrandir la station d’épuration des eaux de Saint-Élie avant 2021.
Tout indique que la Ville de Sherbrooke devra dégager des sommes imprévues si elle souhaite agrandir la station d’épuration des eaux de Saint-Élie avant 2021.

La station de Saint-Élie devra être agrandie

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Tout indique que la Ville de Sherbrooke devra dégager des sommes imprévues si elle souhaite agrandir la station d’épuration des eaux de Saint-Élie avant 2021. Alors qu’un moratoire sur le développement résidentiel imposé par le ministère du Développement Durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques empêche l’ajout de nouvelles unités dans Saint-Élie, le programme triennal de dépenses municipales en immobilisation adopté en décembre ne prévoyait pas de dépenses pour l’augmentation de la capacité de traitement à cette usine d’épuration.

Dans le document municipal, on prévoit effectivement 3,5 M$ pour augmenter la capacité de traitement à Saint-Élie, mais le montant est inscrit dans la colonne « années ultérieures », comme les 3,8 M$ prévus pour augmenter la capacité de traitement du bassin d’assainissement de Rock Forest. Le programme triennal de dépenses municipales en immobilisation fait toutefois l’objet d’une révision chaque année.

Le dossier de l’agrandissement de la station d’épuration de Saint-Élie a été abordé la semaine dernière au conseil municipal à la suite de questions de citoyens. L’ancien conseiller municipal Denis Laverdure voulait entre autres avoir l’heure juste.

« J’aimerais savoir ce qui arrive à Saint-Élie avec le moratoire. Dans le temps, nous avions au-dessus de 3 M$ en argent pour régler cette situation. C’était pour se régler et les fusions sont arrivées. Je voudrais savoir si nous avons été oubliés. Si nos commerçants ont été oubliés. Si nos bâtisseurs ont été oubliés. »

Christelle Lefevre, présidente de Synergie Saint-Élie, a tracé un historique des moratoires dans son quartier. « On nous avait dit qu’avec l’arrivée du boulevard René-Lévesque, la situation serait revue dans son ensemble et qu’il n’y aurait plus de restrictions sur le développement. Nous sommes tous étonnés d’apprendre qu’il y a un nouveau moratoire en vigueur et que personne n’a été prévenu, même les promoteurs qui sont prêts à démarrer des travaux. On veut savoir ce qui se passe et comment on va débloquer ça. »

La directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Caroline Gravel, mentionne que ledit moratoire avait été levé entre 2014 et 2017.

« On sait ce qu’on fait et on travaille là-dessus. Le moratoire n’a pas été imposé par la Ville de Sherbrooke, mais par le ministère de l’Environnement. Avant 2014, depuis la fusion en 2002, aucun développement n’était possible. En 2014, des travaux ont permis de transférer 295 unités de logement, c’est la Ville de Sherbrooke qui a fait ça en prenant des eaux usées de Saint-Élie pour les envoyer à la station d’épuration de Sherbrooke. De ces 295 unités, 229 ont été construites entre 2014 et 2017.

« Il y a eu en plus la construction de la nouvelle école, qui correspond à 45 unités de logements, ce qui fait que nous avons dû faire une nouvelle étude de la capacité de la station d’épuration en 2017. La capacité résiduelle de la station est nulle à ce jour. Ce qui est arrivé en plus, c’est que nous ne respectons plus les critères de rejet dans les milieux naturels, donc le ministère a immédiatement imposé un moratoire. »

Mme Gravel assure que les promoteurs sont informés de la situation et que l’information leur est transmise au fur et à mesure qu’elle est disponible. « Nous sommes en discussion avec le ministère et nous devons nous présenter au conseil très prochainement pour un plan d’agrandissement de la station d’épuration. »