Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny a réagi aux menaces dont il a été victime.

La sécurité sera renforcée autour du maire Sévigny

La sécurité sera renforcée autour du maire de Sherbrooke Bernard Sévigny à la suite des menaces dont il a été victime en compagnie du maire de Québec Régis Labeaume.
« Il y aura une attention particulière portée par les forces policières. La façon de l'articuler sera gérée par le service de police », confirme le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.
Lors de la soirée de mercredi, le maire de Sherbrooke qui est aussi président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a été évacué du palais des sports en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume.
« À la suite de ces gestes, le Service de police de Sherbrooke a porté une attention particulière pour ma propre sécurité, celle du maire de Québec, des membres du comité exécutif, mais aussi pour celle des mosquées de Sherbrooke. J'ai été rassuré rapidement par le chef de police. Mieux vaut aller sur la prévention », explique le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.
Pour lui, ce type de propos haineux ne sera aucunement toléré.
« C'est tolérance zéro. Nous avons déployé les effectifs nécessaires pour retrouver l'auteur de ces propos. On ne prend pas ça à la légère. Il va y avoir des conséquences (...) Les choses ont changé au Québec il y a onze jours. La tuerie de Québec a amené une prise de conscience collective. Ça éveille les consciences que ça peut arriver au Québec », constate le maire de Sherbrooke.
Ce dernier ne veut cependant pas générer une psychose collective.
C'est la première fois en sept ans comme maire de Sherbrooke que Bernard Sévigny doit évacuer les lieux d'un événement en raison de menaces directes.
« Ce genre de comportement erratique est toujours surprenant. Quand ça nous arrive, c'est étonnant. Il n'y a pas eu de panique parce que l'on comprenait la situation en fonction du climat des dernières semaines. Lors de l'évacuation, nous n'avons pas senti notre vie ou notre sécurité en danger. Les choses se sont faites dans l'ordre », estime Bernard Sévigny.
Le suspect n'est pas reconnu comme violent
Réjean Hurdle, arrêté pour avoir proféré des menaces contre les maires Sévigny et Labeaume, est connu dans son voisinage comme « une grande gueule », mais non pas comme un individu agressif.
L'homme âgé de 57 ans a été arrêté dans son appartement de la rue de la Bruère, dans la nuit de mercredi à jeudi. Son arrestation est survenue à la suite d'appels de menaces logés au 9-1-1 envers le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, son homologue de Québec, Régis Labeaume, et la communauté musulmane.
Dans l'édifice à logements du quartier Est où habite Hurdle, aucun des locataires rencontrés sur place jeudi matin n'avait eu connaissance de l'intervention policière survenue en pleine nuit. Par contre, l'individu semblait bien connu du voisinage où il habitait depuis environ trois ans.
« Ce n'est pas un gars violent, a dit l'un d'eux qui a accepté de décrire le suspect sous le couvert de l'anonymat. C'est surtout un gars avec une grand-gueule. Et quand il parle, il parle tellement vite, je ne connais pas personne qui peut prononcer autant de mots en si peu de temps », précise l'homme qui dit lui parler régulièrement, presque chaque semaine, dit-il.
Selon lui, le suspect qui vit des prestations de la CNESST, n'est pas violent de nature, bien qu'il n'hésite pas à exprimer ses opinions.
« C'est vrai qu'il parle vite, qu'il parle fort, mais ce n'est pas un gars dangereux. Il ne s'est jamais emporté devant moi. Il ne m'a jamais menacé et jamais je me suis senti en danger lorsque je parlais avec lui. »
Alors que s'est-il passé mercredi soir? « Je ne sais pas. Jamais il ne m'a pas parlé des musulmans ou des autres ethnies. Probablement qu'il était parti sur une balloune ou qu'une bulle lui est montée au cerveau. Je ne vois pas d'autres explications. » Avec Alain Goupil