Mercredi midi, environ 200 militants de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) se sont rassemblés devant la SAQ du centre-ville pour démontrer leur support aux employés de la société d’état.

La SAQ au bord de la grève, avertit la CSN

Au bord de la grève, le Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ [CSN]) promet un été troublant à son employeur, si ce dernier demeure fermé aux négociations.

Mercredi midi, environ 200 militants de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), réunis en congrès à Sherbrooke, se sont rassemblés devant le magasin SAQ du centre-ville pour démontrer leur appui aux employés de la société d’État.

Cela fait 16 mois que le SEMB-SAQ (CSN) et son employeur négocient pour la convention collective qui arrivait à échéance en mars 2017.

« Les choses n’avancent pas à la table de négociations. On est encore sur le normatif et sur les points cruciaux de notre convention, qui sont les horaires des réguliers et la précarité des temps partiels », s’indigne Katia Lelièvre, présidente du SEMB–SAQ (CSN).

« On aimerait briser les idées préconçues qui disent que les gens qui travaillent à la SAQ sont payés cher et qu’ils ont d’excellentes conditions », dit-elle.

Elle précise que l’employeur demande à pouvoir attribuer les horaires des travailleurs à temps partiel en fonction des heures travaillées. « Ça signifie que quelqu’un qui doit prendre des congés pour obligation familiale va reculer dans la liste », déplore-t-elle, mentionnant que 70 % des employés de la SAQ sont occasionnels ou à temps partiel.

Quinze ans peuvent s’écouler avant qu’un travailleur n’obtienne un poste régulier.

La SAQ souhaite également pouvoir mettre deux journées de week-end à l’horaire des employés réguliers, peu importe leur expérience et leur ancienneté. Déjà, la convention actuelle leur permet de faire travailler ceux-ci une journée dans la fin de semaine.

« Est-ce qu’on a le droit de travailler à la SAQ et d’avoir une vraie vie de famille ? » a lancé à la foule Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE). Sur les murs du commerce, ont peut lire, tracé en autocollants : « on avance, on ne recule pas ».

« Comme dans toute négociation, nous sommes prêts à faire des compromis, mais certainement pas à empirer la situation », avance Mme Lelièvre. Au fil des négociations, le SEMB-SAQ (CSN) a mis ses demandes de côté pour réclamer le statu quo, ce qui ne semblerait toujours pas convenir à l’employeur.

« C’est grâce à notre travail que la SAQ remet un milliard de dollars au gouvernement chaque année ! »

Mandat de grève ?

« Nous sommes actuellement en consultation auprès de nos membres pour obtenir un vote de grève de 6 jours, continus ou discontinus », confie Katia Lelièvre. La décision sera connue le 22 juin.

Simultanément, d’autres membres de la FEESP–CSN manifestaient au Manoir Sherbrooke afin d’appuyer les employés grévistes, qui sont sans contrat de travail depuis 29 mois. Leur grève dure depuis le 23 avril.

« Nous invitons la SAQ à reconsidérer ses positions, à l’aube d’un conflit potentiel, dit Denis Beaudin. Et pour les travailleuses et travailleurs des Résidences Soleil Manoir Sherbrooke, c’est inacceptable que leur richissime employeur s’obstine encore et toujours à ne leur offrir que des miettes. Dans ces deux conflits, comme dans tous les autres, les travailleuses et les travailleurs peuvent compter sur l’appui de toute la CSN. Il faut saluer leur détermination. »